On change pendant une psychanalyse, mais ne vous y trompez pas, on ne se perd pas, on se retrouve : jamais je ne me suis sentie aussi en accord avec l’enfant que j’étais.
Un des changements notables que je voudrais relater, c’est l’abandon de la couleur rose, la couleur de la “petite fille à sa maman”. Je me revois très bien, essayant un vêtement rose vif au bout de deux trois ans d’analyse, et me disant que non, ça ne passerait pas auprès de mon psy ! Une personne qui m’est très proche m’a raconté qu’elle ne pouvait plus porter de couleurs vives, qu’elle n’en avait plus besoin pour être gaie ou pour se mettre en valeur, et qu’elle se tournait exclusivement vers les beiges et les couleurs naturelles. Je ressens le même attrait pour les vêtements tout simples et discrets au point d’être mal à l’aise si j’essaie un vêtement coûteux : vive la simplicité retrouvée !
J’ai raconté souvent que je pouvais désormais manger des poivrons, ces petits utérus, et même des concombres à la signification sexuelle évidente !
Pour ce qui est de mes lectures, je ne peux plus conseiller à personne les livres qui ont fait vibrer mon adolescence, ceux qui exaltaient le culte du héros et poussaient à accomplir des exploits de plus en plus extraordinaires car je sais maintenant que le héros n’est qu’un mythe ! De même, je ne suis plus attirée par les récits de souffrance qui entretenaient mon misérabilisme et mon masochisme.
Je peux maintenant voir des films comiques que je considérais dédaigneusement comme une perte de temps, et il m’arrive de rire aux éclats.
Quant à mes goûts musicaux, il s’agit d’un champ encore inexploré où tout est possible !
Comme il est beau de commencer une nouvelle vie à tout âge !