citation de J.D. Nasio, « Un psychanalyste sur le divan »

Le transfert désigne l’ensemble des affects tendres et hostiles qui lient un patient à son thérapeute. Au fil des séances, l’analysant peut aimer son analyste, se sentir protéger par lui, quelquefois le rejeter, parfois le désirer sexuellement, l’inclure dans ses fantasmes ou en rêver, et d’autres fois encore, il peut angoisser, craignant que le thérapeute ne se fâche ou l’abandonne.(…) Le transfert c’est cela : s’attacher à un analyste qui s’offre comme cible de l’amour et de ses avatars.(…)

Transférer consiste donc en ceci : projeter un amour ancien sur une personne dont vous voulons dépendre. Aussi le transfert naît-il d’un besoin de dépendance doublé d’un retour du passé (…)

C’est un phénomène inhérent à toute liaison affective.(…) Mais la différence entre le transfert ordinaire et analytique, consiste en ceci : nos transferts ordinaires, nous les vivons en toute innocence- et c’est heureux qu’il en soit ainsi !-, tandis que le transfert analytique est explicité par le praticien.

Justement tout l’art du psychanalyste est de dévoiler le transfert, en montrant à l’analysant que ses réactions affectives en séance sont les répliques
d’anciennes attitudes infantiles.

Un domaine dans lequel ma psychanalyse a été une totale réussite, a été l’éradication de mon work-alcoolisme. Je me rappelle d’une étape de cette guérison, quand je me fécilitais le week-end, d’avoir bien travaillé. Maintenant, je ne glorifie plus le travail et je regarde d’un oeil mi-amusé mi-compatissant les êtres autour de moi qui y sont encore aliénés. Après quoi courent-ils, après quoi courrais-je, j’ai beaucoup de mal à le dire parce que cela offense la logique. Une gloire éphémère ? Un record ?

Je me rappelle qu’une de mes problématiques au début de mon analyse était cet écartèlement entre « travailler plus » et « travailler moins », et la sensation de souffrance liée à ce travail trop dur pour moi.

J’ai imprudemment déclaré à mon psy que je pouvais me libérer facilement (puisque je travaillais tout le temps), et il m’a choisi les pires horaires possibles, l’après-midi vers 14h. Deux fois par semaine, mes absences du travail ne pouvaient passer inaperçues. Elles ne pouvaient qu’avoir un effet catastrophique sur ma carrière, qui de toute façon, je le sais bien, aurait fini par s’effondrer d’elle-même.

Chaque fois que j’ai protesté contre ces horaires, mon analyste de déclarait : « Je vous assure que je vous octroie les meilleurs horaires possibles« . Et moi d’ajouter in petto « compte-tenu de ce que vous avez… »

De plus, il refusait de me « donner » un horaire le soir, arguant du fait qu’il risquait d’être trop fatigué.

Fatigué. Le pauvre. Mon mépris se déchaînait. Chez moi, on n’est jamais fatigué. Du moins je le croyais à l’époque.

Mon psy m’a montré mes limites. J’ai sursauté lorsqu’il a employé ce mot, je croyais ne pas en avoir… Il m’a fait découvrir les règles qui régissent le travail que d’autres mégalomanes que moi prétendaient sans règles. Cela m’aide beaucoup de savoir où m’appuyer.

La psychanalyse m’a appris à ressentir la fatigue et à connaître mes limites. Désormais je vois dans chaque période de suractivité une souffrance.

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On change pendant une psychanalyse, mais ne vous y trompez pas, on ne se perd pas, on se retrouve : jamais je ne me suis sentie aussi en accord avec l’enfant que j’étais.

Un des changements notables que je voudrais relater, c’est l’abandon de la couleur rose, la couleur de la « petite fille à sa maman ». Je me revois très bien, essayant un vêtement rose vif au bout de deux trois ans d’analyse, et me disant que non, ça ne passerait pas auprès de mon psy ! Une personne qui m’est très proche m’a raconté qu’elle ne pouvait plus porter de couleurs vives, qu’elle n’en avait plus besoin pour être gaie ou pour se mettre en valeur, et qu’elle se tournait exclusivement vers les beiges et les couleurs naturelles. Je ressens le même attrait pour les vêtements tout simples et discrets au point d’être mal à l’aise si j’essaie un vêtement coûteux : vive la simplicité retrouvée !

J’ai raconté souvent que je pouvais désormais manger des poivrons, ces petits utérus, et même des concombres à la signification sexuelle évidente !

Pour ce qui est de mes lectures, je ne peux plus conseiller à personne les livres qui ont fait vibrer mon adolescence, ceux qui exaltaient le culte du héros et poussaient à accomplir des exploits de plus en plus extraordinaires car je sais maintenant que le héros n’est qu’un mythe ! De même, je ne suis plus attirée par les récits de souffrance qui entretenaient mon misérabilisme et mon masochisme.

Je peux maintenant voir des films comiques que je considérais dédaigneusement comme une perte de temps, et il m’arrive de rire aux éclats.

Quant à mes goûts musicaux, il s’agit d’un champ encore inexploré où tout est possible !

Comme il est beau de commencer une nouvelle vie à tout âge !

Un très beau livre sur l’éducation.

La maternité à l’adolescence peut être une manière fantasmatique de devenir femme et mère- idéale, avec l’énorme risque de répétition de l’histoire de la mère, par l’enfant investi d’une mission impossible.

L’institution, ici le centre d’accueil pour mères adolescentes d’Anjorrant, à Nantes, se propose en tant que dispositif clinique, de suppléer aux carences éducatives. Parmi les intervenants-clé, on trouve une directrice désirante et jouissant de prérogatives, des figures de mères rivales (les puéricultrices), de mères suffisamment bonnes (les éducatrices) et de mères toutes bonnes (spécialisées dans le maternage… des mères), des figures paternelles prévenues d’avoir à prendre en charge l’interdit de l’inceste (les éducateurs), un psychologue institutionnel, des chefs de service protecteurs et garants de la loi.

A travers les histoires des pensionnaires de cette institution où il n’est que visiteur, et les cas cliniques tirés de sa pratique de psychanalyste, l’auteur aborde de manière accessible des sujets théoriques liés à l’enfance et à l’éducation tels que la la traversée de la position dépressive, la pulsion de vie et la pulsion de mort, la répétition transgénérationnelle, la sexualité féminine, et dévoile avec beaucoup d’humanité une partie de sa technique psychanalytique.

Auteur : Pierre Kammerer Editions ERES

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Bien entendu, le transfert aide à prendre l’habitude d’être à l’heure, pour ne rien perdre des séances tant attendues !

Si je ne suis plus en retard, c’est parce que je suis devenue réaliste au sujet de mon emploi du temps. J’ai cessé de m’illusionner sur mes capacités à en faire dix fois trop, source de frustration et d’énervement permanents. D’ailleurs, le psy, à mon grand étonnement, avait énoncé une notion qui m’était inconnue : j’avais, selon lui, des limites

J’ai récupéré du temps en cessant de pratiquer des hobbies névrotiques qui n’étaient qu’une torture, comme vouloir apprendre la musique alors que je suis incapable de reconnaître un son et que j’ai bien plus intéressant à faire que travailler un morceau. Un jour, il m’est apparu clairement que je devais arrêter.

Mon psy, en ouvrant des grands yeux derrière mon dos, en questionnant mes illusions et mes croyances au sujet de mon travail de mégalo, m’a aidé à oser prendre mes vacances, mes RTT*, et à pratiquer les horaires syndicaux (ce fut au détriment de ma carrière mais une carrière était-elle possible ?).

Si j’ai fait une psychanalyse, et si je poursuis mon rétablissement dans les groupes en douze étapes, c’est bien évidemment parce que j’étais terriblement névrosée et codépendante. Ainsi, le simple fait que l’autre exprime un désir, quel qu’il soit, impliquait que j’allais tout mettre en oeuvre pour le satisfaire. Et aussi j’ai perdu pas mal de temps à m’occuper de trouver des loisirs à mes proches, à relire leurs écrits plutôt que les miens.

Je sais de mieux en mieux me mordre les lèvres pour ne pas proposer une aide non sollicitée.

J’apprends aussi que les relations, qu’elles soient familiales, amicales, professionnelles, ne sont pas toutes à entretenir pour la vie…

J’ai passé toute ma jeunesse à lire des livres sur l’art du temps. Voici mes conseils pour devenir Maître en Art du Temps :

  • faire de mon bien être une priorité (et curieusement cela ne nuit pas à ma capacité d’être à l’écoute des autres)
  • écouter mon intuition pour que les tâches nécessaires s’agencent harmonieusement au fil des journées, des mois, des années (cela ne nuit nullement à mon efficacité)
  • élaguer, élaguer, élaguer, pour ne garder que ce qui est bon pour moi et pour les autres

*RTT: réduction du temps de travail (jours de congés supplémentaires, en France)

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Le livre « Sept langages pour une transformation » de Lisa Laskow Lahay et Robert Kegan, nous offre des idées originales pour sortir du mode de fonctionnement par défaut qui empoisonne nos communautés. Exemples :

    Du langage de la récrimination vers le langage de l’engagement

Une question générale, comme la recherche de ce qui pourrait augmenter notre efficacité au travail, déclenche le plus souvent la réponse par défaut : plaintes, critiques, récriminations.
Il est remarquable quand dans pratiquement toutes les communautés, dans pratiquement toutes les familles, nous soyons très forts à pratiquer ce type de langage, même en ayant conscience de son côté toxique.
A la place, nous pourrions nous demander :

Qu’est-ce qui est important pour moi, qu’est-ce qui me motive (et qui a causé ma première réponse sur le mode récrimination) ?

    Du langage des règles et règlements vers le langage du pacte public

Exemple à tester : et si vous décidiez collectivement de dire directement ce que vous avez sur le coeur à la personne concernée (avant d’en parler à d’autres) ?
Tout le monde sera d’accord pour dire que le mode par défaut, c’est d’aller se plaindre à tout le monde sauf à la personne concernée, et que c’est un grand fléau dans le monde relationnel.
Les auteurs du livre mettent en avant l’idée originale que pour que le pacte public soit respecté, il faut d’abord que quelqu’un le viole. Cela donne la possibilité à celui vers qui on vient se plaindre de quelque chose, de ne pas entrer dans le jeu comme il a l’habitude de le faire, mais de rappeler que le pacte existe !

    Du langage de la critique constructive au langage de la critique déconstructive.

voir l’article précédent

    Du langage de la résolution du nouvel an vers l’exploration de l’immunité au changement

Nous souhaitons tous changer nos comportements, et nous décidons bien souvent de le faire, même solennellement, mais bien souvent nos tentatives tournent court, avec un retour à l’état initial.
Le message le plus important du livre, c’est qu’il nous faut prendre conscience qu’à côté de nos engagements, il existe de grandes croyances cachées qui participent au statut quo, à l’état d’équilibre que les auteurs nomment l’immunité au changement. Le livre donne de nombreuses pistes pour l’exploration, l’observation, l’expansion, de cette immunité au changement (voir l’article), avec de très belles histoires vécues qui incitent à tenter l’aventure. Les perspectives sont extraordinaires.

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Encore un symbole du changement !
Il m’a fallu des années de thérapie ET de groupes de parole avant d’oser.
Un bonheur pour les sens, l’odeur de l’herbe écrasée et imaginez l’herbe grasse de la montagne, le toucher (picotement des fourmis), la vue, le vertige qui fait tourner la tête !
Je vous assure, ça ne salit même pas !

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Un point commun pour que ça marche, c’est la réserve : se contraindre à aller à l’essentiel sans entrer dans les détails insignifiants. Ne pas avoir le temps de tout dire puisque la séance est trop courte ou le temps de parole est limité. Un groupe de parole/séance d’analyse n’est pas un groupe/lieu de bavardage. Il va donc falloir choisir de dire ce qui nous fait le plus mal, de supporter une certaine frustration. Ce qui permet – peut-être – de prendre du recul et d’élargir son point de vue sur la réalité quotidienne, de s’éloigner du ressassement improductif, si tentant pour beaucoup.

Je me suis sentie rappelée durement à l’ordre dans une séance où je voulais détailler, par un « Vous avez l’impression de travailler ? ». Le psy peut laisser faire, après tout il est payé pour écouter et s’ennuyer et on peut faire mine de confondre ressassement et association libre ! Alors que le modérateur d’un groupe de parole, s’il a de l’expérience, va réussir à couper en douceur celui qui parle trop.

Une grosse différence, c’est l’égalité qui règne dans les groupes de paroles. Le modérateur devrait simplement veiller à ce que chacun ait la parole, et ne pas l’accaparer. Les participants sont tous égaux et les êtres humains ont tant de choses en commun, y compris ce qu’ils croient être leurs pires secrets. En analyse, à moins que le psy ne nous renvoie un « On est tous… » à l’énoncé de cruels souvenirs, il se laisse souvent maintenir dans une position de supériorité. Sinon, le transfert risquerait de s’interrompre s’il tombait de son piédestal.

Quel est le but ?

Pour l’analyse, retrouver des souvenirs et interpréter les problèmes présents à la lueur des traumatismes passés.

Pour les groupes de parole, apprendre à lâcher-prise, ce qui est bien résumé dans la prière de la sérénité, récitée en commun dans les groupes en douze étapes* : accepter les choses que l’on ne peut changer, le comportement des autres, leurs maladies (alcoolisme, dépression, etc…), le départ des enfants, la rupture, l’échec professionnel, la séparation, la mort… Lâcher prise, c’est reconnaître son impuissance à contrôler les autres, c’est les laisser prendre leurs responsabilités et assumer leurs erreurs, ne pas faire à leur place ce qu’ils peuvent très bien faire eux-mêmes, s’occuper de soi et décider de tourner ses pensées vers autre chose que les obsessions.

*les groupes en douze étapes sont des groupes de parole qui appliquent le programme de rétablissement inspiré de celui des Alcooliques Anonymes

Peut-être que c’est le premier pas le plus important, le moment où l’on dit : Stop, où l’on se décide à demander de l’aide, à faire des choses pour soi, à se dire que ça ne peut pas durer ainsi, qu’il faut changer quelque chose…
La psychanalyse est un voyage, limité dans le temps, à la découverte de soi-même, avec à la clé le changement… salutaire. Il se fait à deux mais on peut changer de partenaire en chemin, changer de psy, aller voir ailleurs, essayer d’autres thérapies. Il est bon de savoir que ce voyage est aussi une relation humaine et que le transfert amoureux sera probablement présent, à vivre comme une histoire sentimentale avec ses joies, ses tourments et ses désillusions, et que de tout cela on peut guérir. Il faut se faire confiance, d’autres – et ils sont nombreux – ont vécu les mêmes questionnements, ont traversé les mêmes épreuves, et ils sont là pour témoigner que le bénéfice est immense en fin de compte.
Il y aura probablement une phase où l’on sera obsédé par sa thérapie, où en parler ou en entendre parler nous fera souffrir, où l’on cherchera dans toutes sortes d’écrits à répondre à la question fondamentale : Est-ce que mon psy m’aime ?
En parallèle, puisque c’est la souffrance qui nous mène à la thérapie, on pourra commencer à s’observer et à noter les particularités de nos comportements, à les relier à nos manques et à notre histoire. Parfois il faudra se jeter à l’eau pour oser dire des choses difficiles et pénibles qui sont tapies en nous et ont besoin d’être exprimées. Il nous faudra tendre l’oreille vers les ponctuations ou les « Pourquoi ? » du psy qui nous permettent d’entrevoir des alternatives, des modes d’action différents. Qui nous guident vers le changement.
Souvent il faudra ne pas retenir les larmes et accueillir les bouleversements et les prises de consciences émotionnelles qui sont autant de guérisons. Il faudra affronter la peur de déplaire, la honte, la crainte d’être rejeté, renoncer à dire des choses intéressantes, apprendre à se dire, s’autoriser aussi le silence. Il faudra aussi peu à peu apprendre à se défendre, à contester l’autorité du psy, à lui dire ses erreurs, à exprimer ses besoins. Il est bon de garder une dose de rancoeur envers son psy lorsqu’il ne comprend rien, ou est trop interventionniste, ou pas assez, lui aussi est responsable du bon déroulement de la thérapie, et responsable de ne pas nous montrer le chemin s’il trouve qu’on n’avance pas assez.
En même temps, on peut être indulgent envers son psy, car il est humain et ne pourra pas nous emmener plus loin qu’il n’est allé lui-même dans sa propre thérapie.

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J’ai eu l’impression récemment de revivre exactement les mêmes problèmes qui m’avaient conduite à entreprendre une psychanalyse, voilà presque dix ans : impression de ne pas y arriver, que mon travail est trop dur pour moi, et que je ne suis incapable de gérer certaines situations relationnelles (et notamment au travail).

On pourrait croire que tout cela n’a servi à rien, et que je dois bien composer avec ma fragilité intrinsèque de codépendante, fille d’une mère très névrosée et d’un père qui n’exprime pas d’émotions. C’est vrai, il y a encore du travail que je traite par la thérapie de groupe.

Pourtant, il est certains domaines où le chemin parcouru est immense. Mon psy, par ses questionnements sur ce qui me semblait évident, a réussi à me désintoxiquer de mon addiction au travail. Son étonnement quant à l’absence d’horaires de travail a contribué à guérir ma mégalomanie, à ouvrir mon esprit sur l’inutilité de tout sacrifier à une lutte inégale pour un pouvoir hypothétique. Tout est plus simple maintenant : il me suffit de respecter les règles et de renoncer à ce qui est hors de ma portée.

Un autre point positif, c’est une plus grande ponctualité, je devrais dire plutôt une plus grande lucidité sur le temps réellement nécessaire, pour un acte, un trajet. A la différence de bien des gens qui m’entourent, je ne suis pas débordée, je suis devenue maîtresse de mon temps.

Enfin, je voudrais parler de courage. Même si tout n’est pas parfait, j’ai moins peur des jugements, des critiques, des réponses, des réactions des autres. Je m’appuie sur chaque petite victoire pour m’aguerrir et acquérir de plus en plus de confiance en moi, de courage pour dire la vérité, honnêtement, sans chercher à manipuler les réactions des autres.

Tout cela n’aurait pas été possible sans un brin de transfert. J’ai choisi un psy homme, que j’allais pouvoir chercher à séduire, et ainsi j’ai été suffisamment accrochée pendant six années pour poursuivre le travail, même quand il était difficile.

Dix ans après, le bilan reste extrêmement positif. (voir les autres bilans)

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Le pouvoir transformant de toutes les thérapies tient à de petits changements imperceptibles.

Lorsque je suis entrée en analyse, j’ai commencé à m’observer en train de me faire toute petite pour ne pas déranger (me laver furtivement, m’essuyer dans un mouchoir de poche). Je n’avais jamais d’argent liquide sur moi pour m’offrir une douceur. J’offrais mes bras à d’autres pour qu’ils s’entraînent à faire des piqûres. Je m’abîmais dans les tâches les plus humbles sans protéger mes mains des détergents, pensant que mon corps n’avait pas d’importance et que j’étais une force de la nature capable de tout supporter. Aujourd’hui il est très important et hautement symbolique de protéger mes mains.

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C’est une découverte de ce livre extraordinaire qu’est « Sept languages pour une transformation » de Robert Kegan et Lisa Laskow Lahey.
Si comme moi vous avez lu de nombreux livres pour apprendre à faire des critiques constructives, et que la seule perspective d’avoir à passer à l’acte vous donne des palpitations, vous serez heureux d’adopter cette idée révolutionnaire.
En effet, ce n’est même pas une « grande croyance » que de penser que la critique, quelle qu’elle soit, va détruire une relation, c’est un fait d’expérience !
Donc, lorsqu’on fait une critique, on se place dans une position de supérieur, de celui qui sait, et on va parler de haut en bas, pour tenter de convaincre l’autre qu’il a tort, de lui faire partager notre point de vue dont on suppose qu’il est le bon (ou plutôt qu’il est le seul bon).
Or, il existe une alternative, celle de se placer dans une situation de dialogue avec l’autre, avec une volonté de comprendre sa façon d’agir, d’apprendre de son point de vue. Cela demande bien sûr d’avoir travaillé sur l’humilité, d’avoir résolu ses conflits intimes concernant sa place, son estime de soi.
Et cela permet de mettre en lumière de nouvelles « grandes croyances », de les observer, de les disséquer, de les mettre en doute, de se transformer.
Par exemple :

Je ne veux pas entendre la moindre critique à mon égard (même si je sais bien ce qu’elle pourrait être)

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Le pouvoir transformateur de ce livre (Sept languages pour une transformation) tient à cela.
Il ne faut pas se contenter de lire en croyant que nous changerons tout seul. Il faut prendre le temps de faire les exercices proposés.
Parmi lesquels, remplir un tableau à trois colonnes avec :
- indiquer quels sont nos buts et nos valeurs dans la vie (nos aspirations)
- lister tout ce que nous faisons et qui nous empêche d’atteindre nos buts
- rechercher une idée directrice dans ces comportements qui s’opposent à la réalisation de nos buts, et parvenir à formuler notre grande croyance
Des pistes nous guident dans la formulation de cette idée. Nous sommes sur la bonne voie si notre estomac se contracte, si nous sommes mal à l’aise, et si nous nous disons :

Ah, j’ai travaillé là dessus il y a dix ans en thérapie, et voilà que ça réapparaît !!!

Nous découvrons que nous réussissons plutôt bien à nous mettre au service de cette grande croyance, et que même nous serions capables de faire beaucoup mieux s’il n’y avait nos aspirations premières.
Ensuite, nous pouvons faire des exercices pour observer cette croyance à l’oeuvre, prendre un peu de distance, la tester, l’amender.

Exemple : mon but dans la vie est de rendre le monde meilleur MAIS ce faisant je ressemble beaucoup trop à ma mère et cela je veux l’éviter à tout prix.

Changement :
- je peux m’autoriser à y aller à fond vers mes aspirations, sans me soucier de ce qu’on pourrait penser de moi
- je peux voir toutes les qualités de ma mère et décider que ce n’est pas une telle tare de lui ressembler
- je peux observer en quoi je réussis mieux que ma mère et capitaliser de la confiance en moi

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Voici un livre qui parle de changement, et qui n’a toujours pas – semble-t-il – été traduit en français.
Le changement, c’est bien de cela qu’il s’agit lorsqu’on entreprend une psychanalyse, ou lorsqu’on consulte toutes sortes de thérapeutes pour aller mieux.

Pourquoi est-ce que les résultats sont si fréquemment pâles en regard des couleurs vivides des aspirations correspondantes ? Pourquoi est-ce que effectivement si peu de changement a lieu ? Pourquoi est-ce que les réformateurs reproduisent si souvent quelque chose qui ressemble tellement au modèle original ?

se demandent Robert Kegan et Lisa Laskow Lahey, de l’Université de l’Education de Harvard.
et d’ajouter ce postulat de base :

… il peut être à peu près impossible pour nous d’apporter le moindre changement important dans un système ou dans une organisation sans nous changer nous-mêmes (au moins un peu)

Ca vous rappelle quelque chose ? (psychanalyse, sophrologie, hypnose, groupes en 12 étapes, …)

Ce livre nous propose des exercices pour partir à la recherche de ce qui empêche le changement.

Alors à suivre comme feuilleton de l’été…

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Un pavé documentaire… et sans haine…
La sortie de ce livre dénonçant les mensonges de Freud, l’inefficacité de la technique psychanalytique dans de nombreuses indications, la mainmise de la théorie psychanalytique sur l’enseignement de la psychologie en France, l’obscurantisme des sectateurs de Freud et de Lacan, a provoqué une levée de bouclier des psychanalystes lacaniens, et leur réponse sous la forme de l’anti-livre noir.
Ce livre noir, c’est le diable ! Comment l’approcher alors qu’on est en analyse, comment prendre le temps d’en lire les 1000 pages sans le survoler ? L’enseignement à en tirer concerne les contre-indications de la psychanalyse.

Eh oui, la tenancière de ces lieux a lu le livre et ne pourra plus jamais répondre aux questions comme avant !
Ce site est-il donc destiné à accompagner les derniers patients encore sur le divan ? Ce sera fait en dernière extrémité, en attendant, nous allons chercher à trouver, à partir de mon expérience personnelle, des éléments de réponse à la question : Comment ça marche… quand même ?

1- Le thérapeute payé, ayant un
code de déontologie, est un interlocuteur sûr à qui confier ses tracas.

2- Décider d’aller consulter un thérapeute, c’est décider de s’occuper de soi, en temps et en argent, décisions souvent remises à plus tard dans la tourmente de la vie quotidienne. C’est s’offrir un espace à soi, hors du temps, un espace de liberté et de bien être, de relaxation favorisée par le divan.

3- La possibilité d’un changement est offerte, grâce à un regard extérieur qui remet en cause des évidences ( le Pourquoi ? de mon psy), qui pointe les modes de fonctionnements conditionnés.
Le questionnement poussé aide à trouver d’autres solutions par exemple lorsqu’on ne cesse d’expliquer pourquoi une chose n’est pas possible.

4- Les insights : découvertes et prises de conscience sur un mode émotionnel de ses modes de fonctionnements et de leurs causes, permettent une progression dans le « connais-toi toi-même », et permettent aussi de se pardonner.

5- La foi dans la méthode, dûe sans doute à une méconnaissance générale du mode de déroulement d’une analyse. On y va parce qu’on y croit, et on place le psy dans une position de gourou : le sujet supposé savoir – qui va nous guérir. C’est ainsi que l’on consacre toute son énergie à son analyse, au début.

6- L’apprentissage de la liberté. L’absence de consignes outre la règle de l’association libre, qui n’est guère explicitée d’ailleurs, laisse à chacun la possibilité de faire son analyse, telle qu’il la conçoit, ou tel qu’il croit que son psy le conçoit. La possibilité de prendre son temps, d’aller à son rythme, est précieux dans une société de performance.

7- La possibilité d’aborder des questions sexuelles, puisqu’on croit que c’est ce que le psy veut entendre. Un espace où aborder des questions si présentes et si chargées de non-dits. Cela va de pair avec un certain exhibitionnisme, le fantasme de se mettre à nu sur le divan.

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Est-ce que mon psy ou ma psy m’aime ? Voilà la question que vous vous posez si vous avez tapé transfert dans un moteur de recherche.

Extrait de mon journal

Ce jour-là, le psy avait oublié un verrou entre lui et moi. Que penser de ce contre-transfert ?

Il pansa mes plaies avec douceur, en termes choisis, en en disant juste assez : non, ce qui se passe dans la situation analytique n’est pas une illusion, il se passe quelque chose d’important, même si ce n’est pas ce qu’attend le patient dans la réalité. Oui, il arrive au psy de penser à ses patients en dehors des séances.

Je n’ai fait que chercher des réponses à cette question. Dans mes lectures, j’ai trouvé quelques éléments, notamment dans « Du côté de chez l’analyste » (voir Mes livres psy préférés) Au fil des témoignages sur les forums de transfer interrupted, il m’est apparu évident que certains psys ne savaient pas gérer le transfert, et que cela produisait des catastrophes.



Je veux faire une analyse pour apprendre à bien vivre, à bien aider, à bien aimer, à bien mourir.

Comme cette étudiante citée dans l’introduction de « Les triomphes de la psychanalyse » de Pierre Daco,  je souhaitais tout d’abord améliorer ma vie.

Mais c’est  lorsque c’est devenu  « trop difficile pour moi », que je me suis décidée.

Je suis entrée en thérapie avec un psychanalyste lacanien, avec deux séances par semaine.

Le travail a duré six ans. En lisant les pages du site (en lien dans la colonne gauche), vous en saurez plus sur ces six années et sur la façon dont notre collaboration s’est terminée.

Mais ce n’était pas fini pour autant, j’ai trouvé les groupes en douze étapes et je poursuis mon travail d’unification spirituelle grâce à leur programme de rétablissement.

Il fut un temps, avant le haut débit, où le chargement des pages web s’interrompait avec la mention : « transfer interrupted ».

Pour ceux qui se demandent ce qu’est le « transfert yellis », yellis est tout simplement un hébergeur de sites web (mutualisé et pas cher qui n’a été en rade qu’un jour pendant de nombreuses années d’utilisation).

Le site transfer interrupted… a vu le jour en 2001. Il a été relooké par Pénélope et Sylvain. Pendant plusieurs années un tchat psy avait lieu une fois par semaine et les forums étaient actifs. Puis, ils ont dû être fermés pour cause d’envahissement par le spam. Vous les trouverez dans les archives (liens tout en bas de cette page).

Actuellement il n’existe plus qu’un forum Entraide entre analysants et autres problèmes psy.