Je ne regrette pas d’avoir fait une analyse.
Oserais-je dire : Une psychanalyse est réussie à condition d’en sortir ?
Cela m’a fait beaucoup de bien d’explorer le passé, de sortir du workoholisme, de commencer à m’occuper de moi.
Cependant nous avons eu beaucoup de conflits, mon psy et moi, et je pense qu’il a fait de l’abus de pouvoir notamment en me faisant payer les séances manquées pour des raisons professionnelles.
Ce qui a aussi été le point de rupture.
J’ai tant pleuré sur le divan, et aujourd’hui, je ne me rappelle pas quand j’ai pleuré pour la dernière fois !
Sans doute une tonne de souffrance éliminée sous forme liquide !
Depuis la fin de mon analyse, je n’ai pas cessé de travailler à améliorer mon bien-être, notamment par mes groupes de parole en douze étapes.
J’ai beaucoup lu aussi, le Livre Noir de la Psychanalyse, Le crépuscule d’une idole, des livres sur le clown Lacan.
Le souvenir des premières années avec la lecture compulsive des oeuvres de Freud, m’avait laissé un sentiment de malaise terrible, un poids sur l’estomac, jusqu’à l’épisode de la chute du surmoi (fin de la deuxième année).
Je comprends mieux pourquoi maintenant que je sais que ces oeuvres ne représentent que la névrose personnelle de Freud.
Et finalement ça me convient très bien que le héros d’une période soit déboulonné.
En résumé donc, la psychanalyse est une technique qui marche, mais qui a ses limites, à associer à d’autres thérapies.
Et surtout, surtout, ne pas rester avec un psy qui ne vous convient pas.
Refuser le masochisme de se laisser martyriser par un psy.
Se frayer un chemin entre des cartons, trier des piles de papiers pour en extraire celui qu’on cherche, travailler sur un coin de table encombré d’objets divers, voilà qui est consommateur d’énergie vitale !
Dans son livre « Simplifiez votre intérieur », Karen Kingston s’attaque à tous les désordres qui nous empêchent de respirer : souvenirs, collections, objets hérités, collections des autres, vêtements trop petits ou jamais portés, imprimante en panne, fonds de flacon, rouleaux de papier peint, vont être systématiquement éliminés et je vous assure cela provoque un bonheur, une jubilation incroyable, et éclaircit l’horizon.
Finis les « peur de manquer », « peur de la guerre », « on ne sait jamais », « au cas où », « ça fait de la peine de jeter » et « les petits chinois qui meurent de faim »…
Garages, débarras, tiroirs de bureau ne sont pas épargnés.
Mais ce n’est pas tout, il faut aussi « nettoyer » du côté des relations qu’on se croit obligé d’entretenir, des activités débordantes qui nous mettent toujours en retard, des projets des autres que l’on fait passer avant les siens.
Selon le feng-shui, chaque zone de la maison a une signification symbolique : ainsi ma zone des voyages étaient encombrée de vêtements jetables que je comptais abandonner au fil des étapes… d’un voyage toujours remis à plus tard.
Quel bonheur d’avoir enfin une armoire dont le contenu ne me tombe pas dessus lorsque j’ouvre la porte !
Et de commencer à planifier quelques voyages lointains !
…pour se régénérer d’une vie un peu trop stressante.
Je croyais traiter seulement mon esprit loin de l’agitation du monde. J’ai découvert le yoga que je méprisais en tant que sport et qui – je l’ignorais – est une discipline de vie.
Après une déprime passagère due à l’arrêt de tous les excitants (tabac, café, alcool) et liée à la douleur pour maintenir une posture assise jambes repliées, j’ai commencé à ressentir les bienfaits d’une délicieuse nourriture végétarienne, mon corps s’est raffermi et assoupli, la relaxation et la promenade silencieuse en forêt m’ont revigorée. La vie en dortoir et la participation aux activités de l’ashram apprennent le respect d’autrui et la tolérance que l’on retrouve dans les mantras sanscrits chantés.
Peut-on trouver une position pour méditer autre que ce maudit lotus ?
La réponse est non.
Pour ne pas laisser s’échapper l’énergie vitale (prana), il faut que les extrémités se joignent. Ne pas se laisser décourager par les douleurs, au bout de trois jours, j’ai pu tenir la position vingt minutes grâce à quelques trucs : utiliser un coussin de méditation épais, et bien redresser le dos (l’impression de me pencher légèrement en arrière). Pourquoi méditer ? C’est indéfinissable. Lors d’un parcours spirituel, on éprouve ce besoin de ramener en soi l’esprit qui ne demande qu’à s’éparpiller. J’ai du y parvenir une seconde. A suivre…
Remarque : la méditation est proposée dans la onzième étape
Tags: ashram, méditation, yoga
Le changement, c’est ce qui nous pousse chez les psys, les coachs, les voyantes, nous incite à acheter la panoplie complète du joueur de golf après une nouvelle Résolution du Nouvel An. Or, expliquent Bob Kegan et Lisa Lahey, professeurs à Harvard et auteurs du livre Immunity to change, un changement effectif et durable, est quasi impossible, à cause de notre «Immunité au changement». Comme l’immunité biologique, elle est faite d’un équilibre entre les forces de changement et des forces contraires qui s’y opposent. Avant de changer, il faut d’abord prendre conscience de la carte de notre immunité.
Carte de notre immunite
Tout d’abord, il s’agit de faire en colonne 1 la liste des points sur lesquels on veut vraiment changer, des points qui feraient la différence, pour lesquels on est motivé, et aussi dont le changement semble possible. Puis en colonne 2, il faut inventorier toutes les actions que l’on fait ou qu’on ne fait pas, et qui s’opposent à la réalisation de ces buts capitaux. Ensuite, ne pas tenter d’utiliser l’habituelle solution technique qui consiste à faire du jour au lendemain tout le contraire (car elle ne marche pas), mais poursuivre l’investigation.
Quelles peurs sous-tendent les actions contre-productives ? Quels sont les risques encourus si nous faisions le contraire des actions de la seconde colonne ? Si on réécrit ces risques, on s’aperçoit qu’on se sent obligés de faire les choses ainsi (colonne 3), et que ces obligations sont en conflit avec la réalisation de nos buts. Finalement, en creusant, il est possible de mettre en lumière une ou plusieurs Big assumptions (grandes croyances), à la lueur desquelles notre comportement contre-productif est parfaitement logique et raisonnable. On a ainsi une vue très claire du fonctionnement de notre système de pensée, de la carte de notre immunité.
Ensuite dans une approche scientifique, nous allons concevoir des expériences simples et modestes pour tester la véracité de nos Big assumptions. Nous allons réfléchir à la façon de collecter des données expérimentales afin de reculer les frontières, d’augmenter le champ de nos possibilités. Tout cela à un rythme plutôt lent et en s’appuyant sur un coach ou une autre personne motivée à pratiquer la méthode pour elle-même.
Tags: coaching, immunité au changement
Il s’agit d’une question insoluble, comme toutes les questions liées à la formation :
Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait…
Avec au départ un non-dit : il s’agit d’écarter en douceur de la profession tous ceux qui font peur : les obsessionnels, les paranoïaques, les névrosés plein de bonne volonté qui pensent être extrêmement psychologues, et projettent sur d’autres leurs conflits irrésolus dans une vision faussée de la réalité… J’étais de ces derniers au début de mon analyse. Ceux-là, on les décourage en douceur en leur promettant une formation longue et incertaine.
Pourtant rien n’interdit à un psychiatre ou à un psychologue névrosé de poser sa plaque pour tenter de guérir les blessures de l’âme des autres. Les forums du site « transfer interrupted » comportent de nombreux témoignages de patients bloqués dans un transfert (amoureux) interminable sans doute parce que leur thérapeute n’a pas appris à gérer cette situation. Cela s’applique aussi à un psychanalyste qui poserait sa plaque trop tôt, sans avoir poussé suffisamment loin sa psychanalyse personnelle.
Il est un autre point bien illustré par les réflexions de l’analysante que j’étais au sujet de la formation. Pour trouver l’information, il est nécessaire d’avoir résolu en partie ses inhibitions et phobies sociales. Ainsi la réponse à la question de la formation ne se trouve pas sur internet, elle se trouve dans les sociétés de psychanalyse avec lesquelles il va falloir un jour prendre contact. Il faudra oser téléphoner, obtenir des rendez-vous, essayer de se faire accepter, pour enfin se sentir à l’aise dans une famille psychanalytique. On peut supposer que ceux qui n’auront pas résolu leurs problématiques familiales seront plus nombreux à s’autoriser d’eux-mêmes ou à exercer leurs talents sur le net.
Le meilleur psychanalyste sera pour paraphraser – est-ce Camus ? -, celui qui aura le plus vécu, aimé, souffert. Celui qui pourra dire ou faire sentir à ses patients : moi aussi, j’ai vécu cela, j’étais comme vous, je connais bien la situation, j’ai encore ce genre de problème. Car les plaies de l’âme ne sont pas si nombreuses, finalement, pour ne pas être partagées par beaucoup, même si chaque histoire est unique. Ainsi, je ne crois pas à une formation théorique en psychanalyse, je ne crois pas qu’il faille s’abimer dans l’étude de séminaires jargonants le lacanien, je ne crois pas aux diagnostics, aux classifications, ni aux stades. Je crois que le psychanalyste doit avoir été confronté aux problèmes de la vraie vie et aux difficultés des relations humaines et en avoir guéri, ou tout au moins avoir pansé ses plaies.
Le psychanalyste devra aussi avoir guéri de la psychanalyse. C’est un peu cela s’autoriser de soi-même. C’est être capable de diversifier son répertoire technique et d’adapter sa méthode. C’est être clairvoyant sur les limites de ce type de thérapie, sur son peu d’efficacité, ses contre-indications, c’est refuser tout intégrisme et tout obscurantisme, c’est s’ajouter ce qu’on trouve. En un mot, c’est faire de sa pratique un art.
Margarita, ex-analysante.
Tags: formation, Psychanalyse
citation de J.D. Nasio, « Un psychanalyste sur le divan »
Le transfert désigne l’ensemble des affects tendres et hostiles qui lient un patient à son thérapeute. Au fil des séances, l’analysant peut aimer son analyste, se sentir protéger par lui, quelquefois le rejeter, parfois le désirer sexuellement, l’inclure dans ses fantasmes ou en rêver, et d’autres fois encore, il peut angoisser, craignant que le thérapeute ne se fâche ou l’abandonne.(…) Le transfert c’est cela : s’attacher à un analyste qui s’offre comme cible de l’amour et de ses avatars.(…)
Transférer consiste donc en ceci : projeter un amour ancien sur une personne dont vous voulons dépendre. Aussi le transfert naît-il d’un besoin de dépendance doublé d’un retour du passé (…)
C’est un phénomène inhérent à toute liaison affective.(…) Mais la différence entre le transfert ordinaire et analytique, consiste en ceci : nos transferts ordinaires, nous les vivons en toute innocence- et c’est heureux qu’il en soit ainsi !-, tandis que le transfert analytique est explicité par le praticien.
Justement tout l’art du psychanalyste est de dévoiler le transfert, en montrant à l’analysant que ses réactions affectives en séance sont les répliques
d’anciennes attitudes infantiles.
Un domaine dans lequel ma psychanalyse a été une totale réussite, a été l’éradication de mon work-alcoolisme. Je me rappelle d’une étape de cette guérison, quand je me fécilitais le week-end, d’avoir bien travaillé. Maintenant, je ne glorifie plus le travail et je regarde d’un oeil mi-amusé mi-compatissant les êtres autour de moi qui y sont encore aliénés. Après quoi courent-ils, après quoi courrais-je, j’ai beaucoup de mal à le dire parce que cela offense la logique. Une gloire éphémère ? Un record ?
Je me rappelle qu’une de mes problématiques au début de mon analyse était cet écartèlement entre « travailler plus » et « travailler moins », et la sensation de souffrance liée à ce travail trop dur pour moi.
J’ai imprudemment déclaré à mon psy que je pouvais me libérer facilement (puisque je travaillais tout le temps), et il m’a choisi les pires horaires possibles, l’après-midi vers 14h. Deux fois par semaine, mes absences du travail ne pouvaient passer inaperçues. Elles ne pouvaient qu’avoir un effet catastrophique sur ma carrière, qui de toute façon, je le sais bien, aurait fini par s’effondrer d’elle-même.
Chaque fois que j’ai protesté contre ces horaires, mon analyste de déclarait : « Je vous assure que je vous octroie les meilleurs horaires possibles« . Et moi d’ajouter in petto « compte-tenu de ce que vous avez… »
De plus, il refusait de me « donner » un horaire le soir, arguant du fait qu’il risquait d’être trop fatigué.
Fatigué. Le pauvre. Mon mépris se déchaînait. Chez moi, on n’est jamais fatigué. Du moins je le croyais à l’époque.
Mon psy m’a montré mes limites. J’ai sursauté lorsqu’il a employé ce mot, je croyais ne pas en avoir… Il m’a fait découvrir les règles qui régissent le travail que d’autres mégalomanes que moi prétendaient sans règles. Cela m’aide beaucoup de savoir où m’appuyer.
La psychanalyse m’a appris à ressentir la fatigue et à connaître mes limites. Désormais je vois dans chaque période de suractivité une souffrance.
Tags: workoholisme
On change pendant une psychanalyse, mais ne vous y trompez pas, on ne se perd pas, on se retrouve : jamais je ne me suis sentie aussi en accord avec l’enfant que j’étais.
Un des changements notables que je voudrais relater, c’est l’abandon de la couleur rose, la couleur de la « petite fille à sa maman ». Je me revois très bien, essayant un vêtement rose vif au bout de deux trois ans d’analyse, et me disant que non, ça ne passerait pas auprès de mon psy ! Une personne qui m’est très proche m’a raconté qu’elle ne pouvait plus porter de couleurs vives, qu’elle n’en avait plus besoin pour être gaie ou pour se mettre en valeur, et qu’elle se tournait exclusivement vers les beiges et les couleurs naturelles. Je ressens le même attrait pour les vêtements tout simples et discrets au point d’être mal à l’aise si j’essaie un vêtement coûteux : vive la simplicité retrouvée !
J’ai raconté souvent que je pouvais désormais manger des poivrons, ces petits utérus, et même des concombres à la signification sexuelle évidente !
Pour ce qui est de mes lectures, je ne peux plus conseiller à personne les livres qui ont fait vibrer mon adolescence, ceux qui exaltaient le culte du héros et poussaient à accomplir des exploits de plus en plus extraordinaires car je sais maintenant que le héros n’est qu’un mythe ! De même, je ne suis plus attirée par les récits de souffrance qui entretenaient mon misérabilisme et mon masochisme.
Je peux maintenant voir des films comiques que je considérais dédaigneusement comme une perte de temps, et il m’arrive de rire aux éclats.
Quant à mes goûts musicaux, il s’agit d’un champ encore inexploré où tout est possible !
Comme il est beau de commencer une nouvelle vie à tout âge !
Un très beau livre sur l’éducation.
La maternité à l’adolescence peut être une manière fantasmatique de devenir femme et mère- idéale, avec l’énorme risque de répétition de l’histoire de la mère, par l’enfant investi d’une mission impossible.
L’institution, ici le centre d’accueil pour mères adolescentes d’Anjorrant, à Nantes, se propose en tant que dispositif clinique, de suppléer aux carences éducatives. Parmi les intervenants-clé, on trouve une directrice désirante et jouissant de prérogatives, des figures de mères rivales (les puéricultrices), de mères suffisamment bonnes (les éducatrices) et de mères toutes bonnes (spécialisées dans le maternage… des mères), des figures paternelles prévenues d’avoir à prendre en charge l’interdit de l’inceste (les éducateurs), un psychologue institutionnel, des chefs de service protecteurs et garants de la loi.
A travers les histoires des pensionnaires de cette institution où il n’est que visiteur, et les cas cliniques tirés de sa pratique de psychanalyste, l’auteur aborde de manière accessible des sujets théoriques liés à l’enfance et à l’éducation tels que la la traversée de la position dépressive, la pulsion de vie et la pulsion de mort, la répétition transgénérationnelle, la sexualité féminine, et dévoile avec beaucoup d’humanité une partie de sa technique psychanalytique.
Auteur : Pierre Kammerer Editions ERES
Tags: adolescence, maternité
Bien entendu, le transfert aide à prendre l’habitude d’être à l’heure, pour ne rien perdre des séances tant attendues !
Si je ne suis plus en retard, c’est parce que je suis devenue réaliste au sujet de mon emploi du temps. J’ai cessé de m’illusionner sur mes capacités à en faire dix fois trop, source de frustration et d’énervement permanents. D’ailleurs, le psy, à mon grand étonnement, avait énoncé une notion qui m’était inconnue : j’avais, selon lui, des limites…
J’ai récupéré du temps en cessant de pratiquer des hobbies névrotiques qui n’étaient qu’une torture, comme vouloir apprendre la musique alors que je suis incapable de reconnaître un son et que j’ai bien plus intéressant à faire que travailler un morceau. Un jour, il m’est apparu clairement que je devais arrêter.
Mon psy, en ouvrant des grands yeux derrière mon dos, en questionnant mes illusions et mes croyances au sujet de mon travail de mégalo, m’a aidé à oser prendre mes vacances, mes RTT*, et à pratiquer les horaires syndicaux (ce fut au détriment de ma carrière mais une carrière était-elle possible ?).
Si j’ai fait une psychanalyse, et si je poursuis mon rétablissement dans les groupes en douze étapes, c’est bien évidemment parce que j’étais terriblement névrosée et codépendante. Ainsi, le simple fait que l’autre exprime un désir, quel qu’il soit, impliquait que j’allais tout mettre en oeuvre pour le satisfaire. Et aussi j’ai perdu pas mal de temps à m’occuper de trouver des loisirs à mes proches, à relire leurs écrits plutôt que les miens.
Je sais de mieux en mieux me mordre les lèvres pour ne pas proposer une aide non sollicitée.
J’apprends aussi que les relations, qu’elles soient familiales, amicales, professionnelles, ne sont pas toutes à entretenir pour la vie…
J’ai passé toute ma jeunesse à lire des livres sur l’art du temps. Voici mes conseils pour devenir Maître en Art du Temps :
- faire de mon bien être une priorité (et curieusement cela ne nuit pas à ma capacité d’être à l’écoute des autres)
- écouter mon intuition pour que les tâches nécessaires s’agencent harmonieusement au fil des journées, des mois, des années (cela ne nuit nullement à mon efficacité)
- élaguer, élaguer, élaguer, pour ne garder que ce qui est bon pour moi et pour les autres
*RTT: réduction du temps de travail (jours de congés supplémentaires, en France)
Tags: Art du temps, bien-être
Le livre « Sept langages pour une transformation » de Lisa Laskow Lahay et Robert Kegan, nous offre des idées originales pour sortir du mode de fonctionnement par défaut qui empoisonne nos communautés. Exemples :
-
Du langage de la récrimination vers le langage de l’engagement
Une question générale, comme la recherche de ce qui pourrait augmenter notre efficacité au travail, déclenche le plus souvent la réponse par défaut : plaintes, critiques, récriminations.
Il est remarquable quand dans pratiquement toutes les communautés, dans pratiquement toutes les familles, nous soyons très forts à pratiquer ce type de langage, même en ayant conscience de son côté toxique.
A la place, nous pourrions nous demander :
Qu’est-ce qui est important pour moi, qu’est-ce qui me motive (et qui a causé ma première réponse sur le mode récrimination) ?
-
Du langage des règles et règlements vers le langage du pacte public
Exemple à tester : et si vous décidiez collectivement de dire directement ce que vous avez sur le coeur à la personne concernée (avant d’en parler à d’autres) ?
Tout le monde sera d’accord pour dire que le mode par défaut, c’est d’aller se plaindre à tout le monde sauf à la personne concernée, et que c’est un grand fléau dans le monde relationnel.
Les auteurs du livre mettent en avant l’idée originale que pour que le pacte public soit respecté, il faut d’abord que quelqu’un le viole. Cela donne la possibilité à celui vers qui on vient se plaindre de quelque chose, de ne pas entrer dans le jeu comme il a l’habitude de le faire, mais de rappeler que le pacte existe !
- Du langage de la critique constructive au langage de la critique déconstructive.
voir l’article précédent
-
Du langage de la résolution du nouvel an vers l’exploration de l’immunité au changement
Nous souhaitons tous changer nos comportements, et nous décidons bien souvent de le faire, même solennellement, mais bien souvent nos tentatives tournent court, avec un retour à l’état initial.
Le message le plus important du livre, c’est qu’il nous faut prendre conscience qu’à côté de nos engagements, il existe de grandes croyances cachées qui participent au statut quo, à l’état d’équilibre que les auteurs nomment l’immunité au changement. Le livre donne de nombreuses pistes pour l’exploration, l’observation, l’expansion, de cette immunité au changement (voir l’article), avec de très belles histoires vécues qui incitent à tenter l’aventure. Les perspectives sont extraordinaires.
Tags: Changement, Kegan, Lahey

Encore un symbole du changement !
Il m’a fallu des années de thérapie ET de groupes de parole avant d’oser.
Un bonheur pour les sens, l’odeur de l’herbe écrasée et imaginez l’herbe grasse de la montagne, le toucher (picotement des fourmis), la vue, le vertige qui fait tourner la tête !
Je vous assure, ça ne salit même pas !
Tags: bien-être
Un point commun pour que ça marche, c’est la réserve : se contraindre à aller à l’essentiel sans entrer dans les détails insignifiants. Ne pas avoir le temps de tout dire puisque la séance est trop courte ou le temps de parole est limité. Un groupe de parole/séance d’analyse n’est pas un groupe/lieu de bavardage. Il va donc falloir choisir de dire ce qui nous fait le plus mal, de supporter une certaine frustration. Ce qui permet – peut-être – de prendre du recul et d’élargir son point de vue sur la réalité quotidienne, de s’éloigner du ressassement improductif, si tentant pour beaucoup.
Je me suis sentie rappelée durement à l’ordre dans une séance où je voulais détailler, par un « Vous avez l’impression de travailler ? ». Le psy peut laisser faire, après tout il est payé pour écouter et s’ennuyer et on peut faire mine de confondre ressassement et association libre ! Alors que le modérateur d’un groupe de parole, s’il a de l’expérience, va réussir à couper en douceur celui qui parle trop.
Une grosse différence, c’est l’égalité qui règne dans les groupes de paroles. Le modérateur devrait simplement veiller à ce que chacun ait la parole, et ne pas l’accaparer. Les participants sont tous égaux et les êtres humains ont tant de choses en commun, y compris ce qu’ils croient être leurs pires secrets. En analyse, à moins que le psy ne nous renvoie un « On est tous… » à l’énoncé de cruels souvenirs, il se laisse souvent maintenir dans une position de supériorité. Sinon, le transfert risquerait de s’interrompre s’il tombait de son piédestal.
Quel est le but ?
Pour l’analyse, retrouver des souvenirs et interpréter les problèmes présents à la lueur des traumatismes passés.
Pour les groupes de parole, apprendre à lâcher-prise, ce qui est bien résumé dans la prière de la sérénité, récitée en commun dans les groupes en douze étapes* : accepter les choses que l’on ne peut changer, le comportement des autres, leurs maladies (alcoolisme, dépression, etc…), le départ des enfants, la rupture, l’échec professionnel, la séparation, la mort… Lâcher prise, c’est reconnaître son impuissance à contrôler les autres, c’est les laisser prendre leurs responsabilités et assumer leurs erreurs, ne pas faire à leur place ce qu’ils peuvent très bien faire eux-mêmes, s’occuper de soi et décider de tourner ses pensées vers autre chose que les obsessions.
*les groupes en douze étapes sont des groupes de parole qui appliquent le programme de rétablissement inspiré de celui des Alcooliques Anonymes
Peut-être que c’est le premier pas le plus important, le moment où l’on dit : Stop, où l’on se décide à demander de l’aide, à faire des choses pour soi, à se dire que ça ne peut pas durer ainsi, qu’il faut changer quelque chose…
La psychanalyse est un voyage, limité dans le temps, à la découverte de soi-même, avec à la clé le changement… salutaire. Il se fait à deux mais on peut changer de partenaire en chemin, changer de psy, aller voir ailleurs, essayer d’autres thérapies. Il est bon de savoir que ce voyage est aussi une relation humaine et que le transfert amoureux sera probablement présent, à vivre comme une histoire sentimentale avec ses joies, ses tourments et ses désillusions, et que de tout cela on peut guérir. Il faut se faire confiance, d’autres – et ils sont nombreux – ont vécu les mêmes questionnements, ont traversé les mêmes épreuves, et ils sont là pour témoigner que le bénéfice est immense en fin de compte.
Il y aura probablement une phase où l’on sera obsédé par sa thérapie, où en parler ou en entendre parler nous fera souffrir, où l’on cherchera dans toutes sortes d’écrits à répondre à la question fondamentale : Est-ce que mon psy m’aime ?
En parallèle, puisque c’est la souffrance qui nous mène à la thérapie, on pourra commencer à s’observer et à noter les particularités de nos comportements, à les relier à nos manques et à notre histoire. Parfois il faudra se jeter à l’eau pour oser dire des choses difficiles et pénibles qui sont tapies en nous et ont besoin d’être exprimées. Il nous faudra tendre l’oreille vers les ponctuations ou les « Pourquoi ? » du psy qui nous permettent d’entrevoir des alternatives, des modes d’action différents. Qui nous guident vers le changement.
Souvent il faudra ne pas retenir les larmes et accueillir les bouleversements et les prises de consciences émotionnelles qui sont autant de guérisons. Il faudra affronter la peur de déplaire, la honte, la crainte d’être rejeté, renoncer à dire des choses intéressantes, apprendre à se dire, s’autoriser aussi le silence. Il faudra aussi peu à peu apprendre à se défendre, à contester l’autorité du psy, à lui dire ses erreurs, à exprimer ses besoins. Il est bon de garder une dose de rancoeur envers son psy lorsqu’il ne comprend rien, ou est trop interventionniste, ou pas assez, lui aussi est responsable du bon déroulement de la thérapie, et responsable de ne pas nous montrer le chemin s’il trouve qu’on n’avance pas assez.
En même temps, on peut être indulgent envers son psy, car il est humain et ne pourra pas nous emmener plus loin qu’il n’est allé lui-même dans sa propre thérapie.
Tags: psychanalyse réussie, transfert
Tags: bien-être
J’ai eu l’impression récemment de revivre exactement les mêmes problèmes qui m’avaient conduite à entreprendre une psychanalyse, voilà presque dix ans : impression de ne pas y arriver, que mon travail est trop dur pour moi, et que je ne suis incapable de gérer certaines situations relationnelles (et notamment au travail).
On pourrait croire que tout cela n’a servi à rien, et que je dois bien composer avec ma fragilité intrinsèque de codépendante, fille d’une mère très névrosée et d’un père qui n’exprime pas d’émotions. C’est vrai, il y a encore du travail que je traite par la thérapie de groupe.
Pourtant, il est certains domaines où le chemin parcouru est immense. Mon psy, par ses questionnements sur ce qui me semblait évident, a réussi à me désintoxiquer de mon addiction au travail. Son étonnement quant à l’absence d’horaires de travail a contribué à guérir ma mégalomanie, à ouvrir mon esprit sur l’inutilité de tout sacrifier à une lutte inégale pour un pouvoir hypothétique. Tout est plus simple maintenant : il me suffit de respecter les règles et de renoncer à ce qui est hors de ma portée.
Un autre point positif, c’est une plus grande ponctualité, je devrais dire plutôt une plus grande lucidité sur le temps réellement nécessaire, pour un acte, un trajet. A la différence de bien des gens qui m’entourent, je ne suis pas débordée, je suis devenue maîtresse de mon temps.
Enfin, je voudrais parler de courage. Même si tout n’est pas parfait, j’ai moins peur des jugements, des critiques, des réponses, des réactions des autres. Je m’appuie sur chaque petite victoire pour m’aguerrir et acquérir de plus en plus de confiance en moi, de courage pour dire la vérité, honnêtement, sans chercher à manipuler les réactions des autres.
Tout cela n’aurait pas été possible sans un brin de transfert. J’ai choisi un psy homme, que j’allais pouvoir chercher à séduire, et ainsi j’ai été suffisamment accrochée pendant six années pour poursuivre le travail, même quand il était difficile.
Dix ans après, le bilan reste extrêmement positif. (voir les autres bilans)
Tags: psychanalyse bilan
Le pouvoir transformant de toutes les thérapies tient à de petits changements imperceptibles.
Lorsque je suis entrée en analyse, j’ai commencé à m’observer en train de me faire toute petite pour ne pas déranger (me laver furtivement, m’essuyer dans un mouchoir de poche). Je n’avais jamais d’argent liquide sur moi pour m’offrir une douceur. J’offrais mes bras à d’autres pour qu’ils s’entraînent à faire des piqûres. Je m’abîmais dans les tâches les plus humbles sans protéger mes mains des détergents, pensant que mon corps n’avait pas d’importance et que j’étais une force de la nature capable de tout supporter. Aujourd’hui il est très important et hautement symbolique de protéger mes mains.
Tags: bien-être
C’est une découverte de ce livre extraordinaire qu’est « Sept languages pour une transformation » de Robert Kegan et Lisa Laskow Lahey.
Si comme moi vous avez lu de nombreux livres pour apprendre à faire des critiques constructives, et que la seule perspective d’avoir à passer à l’acte vous donne des palpitations, vous serez heureux d’adopter cette idée révolutionnaire.
En effet, ce n’est même pas une « grande croyance » que de penser que la critique, quelle qu’elle soit, va détruire une relation, c’est un fait d’expérience !
Donc, lorsqu’on fait une critique, on se place dans une position de supérieur, de celui qui sait, et on va parler de haut en bas, pour tenter de convaincre l’autre qu’il a tort, de lui faire partager notre point de vue dont on suppose qu’il est le bon (ou plutôt qu’il est le seul bon).
Or, il existe une alternative, celle de se placer dans une situation de dialogue avec l’autre, avec une volonté de comprendre sa façon d’agir, d’apprendre de son point de vue. Cela demande bien sûr d’avoir travaillé sur l’humilité, d’avoir résolu ses conflits intimes concernant sa place, son estime de soi.
Et cela permet de mettre en lumière de nouvelles « grandes croyances », de les observer, de les disséquer, de les mettre en doute, de se transformer.
Par exemple :
Je ne veux pas entendre la moindre critique à mon égard (même si je sais bien ce qu’elle pourrait être)
Tags: Kegan, Lahey, Sept languages
Le pouvoir transformateur de ce livre (Sept languages pour une transformation) tient à cela.
Il ne faut pas se contenter de lire en croyant que nous changerons tout seul. Il faut prendre le temps de faire les exercices proposés.
Parmi lesquels, remplir un tableau à trois colonnes avec :
- indiquer quels sont nos buts et nos valeurs dans la vie (nos aspirations)
- lister tout ce que nous faisons et qui nous empêche d’atteindre nos buts
- rechercher une idée directrice dans ces comportements qui s’opposent à la réalisation de nos buts, et parvenir à formuler notre grande croyance
Des pistes nous guident dans la formulation de cette idée. Nous sommes sur la bonne voie si notre estomac se contracte, si nous sommes mal à l’aise, et si nous nous disons :
Ah, j’ai travaillé là dessus il y a dix ans en thérapie, et voilà que ça réapparaît !!!
Nous découvrons que nous réussissons plutôt bien à nous mettre au service de cette grande croyance, et que même nous serions capables de faire beaucoup mieux s’il n’y avait nos aspirations premières.
Ensuite, nous pouvons faire des exercices pour observer cette croyance à l’oeuvre, prendre un peu de distance, la tester, l’amender.
Exemple : mon but dans la vie est de rendre le monde meilleur MAIS ce faisant je ressemble beaucoup trop à ma mère et cela je veux l’éviter à tout prix.
Changement :
- je peux m’autoriser à y aller à fond vers mes aspirations, sans me soucier de ce qu’on pourrait penser de moi
- je peux voir toutes les qualités de ma mère et décider que ce n’est pas une telle tare de lui ressembler
- je peux observer en quoi je réussis mieux que ma mère et capitaliser de la confiance en moi
Tags: Kegan, Lahey, Sept languages
Voici un livre qui parle de changement, et qui n’a toujours pas – semble-t-il – été traduit en français.
Le changement, c’est bien de cela qu’il s’agit lorsqu’on entreprend une psychanalyse, ou lorsqu’on consulte toutes sortes de thérapeutes pour aller mieux.
Pourquoi est-ce que les résultats sont si fréquemment pâles en regard des couleurs vivides des aspirations correspondantes ? Pourquoi est-ce que effectivement si peu de changement a lieu ? Pourquoi est-ce que les réformateurs reproduisent si souvent quelque chose qui ressemble tellement au modèle original ?
se demandent Robert Kegan et Lisa Laskow Lahey, de l’Université de l’Education de Harvard.
et d’ajouter ce postulat de base :
… il peut être à peu près impossible pour nous d’apporter le moindre changement important dans un système ou dans une organisation sans nous changer nous-mêmes (au moins un peu)
Ca vous rappelle quelque chose ? (psychanalyse, sophrologie, hypnose, groupes en 12 étapes, …)
Ce livre nous propose des exercices pour partir à la recherche de ce qui empêche le changement.
Alors à suivre comme feuilleton de l’été…
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