Les dépendances sexuelles

On m'a reproché autrefois de ne pas parler suffisamment de sexe sur ce site. Pourtant, c'est le nerf de la guerre n'est-ce-pas et le divan d'un psy c'est bien l'endroit par excellence où l'on peut parler de sexe ?
Si nos parents ont connu le règne de la culpabilité de la masturbation prohibée et des non-dits, il existait encore des rituels tels que le mariage et des rites d'information par des personnes compétentes ou des autorités religieuses. Nos générations ont connu l'éducation sexuelle à la mode sciences naturelles et ont dû compléter leur information dans des magazines ou des émissions qui leur devenaient accessibles. Le porno de Canal+ et les films érotiques de M6 pour ne parler que de la France. Autant dire que la vision de la sexualité s'en est trouvée terriblement faussée, et que les images barbares et cruelles ont fait écho à tous les traumatismes réels ou fantasmatiques antérieurs.
D'après le site d'Orroz, spécialisé dans les dépendances sexuelles, on trouve un facteur déclenchant qui est souvent l'inceste, ou une atmosphère incestueuse, pour les dépendances sexuelles. Orroz suggère l'abstinence et la recherche des circonstances déclenchantes infantiles comme traitement de ces addictions.
Mais d'abord de quoi s'agit-il ?
Il s'agit d'une habituation à rechercher l'excitation par des images pornographiques (visite de sex-shops, visionnage de vidéos, surfs sur internet), accompagnée de masturbation fréquente et compulsive (dont on ne peut se passer). Comme beaucoup d'addictions, il existe une gradation avec une augmentation de la demande et la recherche de sensations de plus en plus fortes. Chez les femmes, on peut probablement qualifier de dépendance sexuelle la recherche de nouvelles sensations sentimentales (se sentir aimée, désirée) dans des tchats ou des sites de rencontres. Pour certains, le passage à l'acte consiste à "pratiquer en vrai" dans des milieux dont je ne sais rien à part qu'ils sont terrifiants.
Un moyen de se désintoxiquer du porno c'est d'avoir conscience de l'envers du décor à savoir que les actrices subissent de véritables tortures et souffrent de graves lésions et que les cris de plaisir supposés sont toujours des cris de souffrance.voir à ce sujet l'article d'Isabelle Sorente
Comme pour l'alcoolisme ou la toxicomanie, il est possible de se libérer de cette dépendance, en choisissant de décrocher et de devenir abstinent. On peut pour cela rejoindre un groupe de parole réel ou sur le net.
Quant à l'exploration de son vécu infantile en psychothérapie ou psychanalyse, il peut être utile, à condition d'oser aborder ce problème, mais on se heurte vite à la difficulté de distinguer ce qui est fantasme de ce qui est réalité. Et chercher une cause dans l'enfance, c'est aussi se victimiser, ne pas prendre en charge ses responsabilités (on est responsable même si on n'est pas coupable), et peut-être un moyen de continuer à vivre son addiction avec la bonne conscience que l'on se soigne...


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