Non, je ne suis pas psychanalyste, je suis encore et toujours analysante.
Cinq ans, c'est long et c'est court...

Je me souviens bien de mes débuts, puis j'ai cessé d'être obsédée par mon analyse qui est devenue une gâterie bi-hebdomadaire dans ma vie.

Pendant ces cinq années, j'ai eu tendance à retourner sur les mêmes lieux, à répéter les mêmes expériences, ce qui m'a permis de bien mesurer mon évolution.

La première année, période de
résistance* intense. J'étais si pressée de terminer mon analyse que je ne voulais même pas commencer.

Pourtant, de petites choses avaient changé. J'avais commencé à m'occuper de moi-même, à cesser de me faire toute petite pour ne pas déranger. J'avais cessé de bondir pour ne pas faire attendre le psy lorsqu'il ouvrait la porte de la salle d'attente.

La seconde année s'est terminée par la "
chute du Surmoi*", ce Surmoi qui me poussait à vouloir en faire toujours plus, à être la plus active, la plus efficace, la plus travailleuse, et même la plus gravement atteinte dans mes symptômes psychiques. Cela m'a conduit à m'abandonner, à laisser aller, à pleurer. Cette période a été celle d'une dépression sévère.

En même temps une petite lueur d'espoir venait des petites choses agréables de la vie que je prenais maintenant le temps d'apprécier.

La troisième année a été l'accentuation de la chute du Surmoi. Je n'ai cessé de toucher le fond, de pleurer sur mon sort et sur mes échecs passés.

Je me souviens peu de ma quatrième et de ma cinquième année, à part que tout est allé de mieux en mieux. J'ai cessé de lire des livres sur la psychanalyse, j'ai retrouvé une bonne image de moi-même, je suis de moins en moins stressée par les autres. J'ai renoncé à tout ce qui était inutile et me faisait souffrir. J'ai beaucoup élagué dans mon activité débordante tout ce que j'avais introduit pour combler le vide qui faisait suite à mon hyper-activité.

Suis-je engagée dans une analyse interminable ? Peut-être mais ce n'est pas un problème. J'ai deux moments de relaxation hebdomadaires où je peux parler au lieu d'écouter, où j'analyse mes problèmes avec objectivité. Je ne peux pas encore quitter mon psy. Dans mon transfert, ce serait beaucoup trop ingrat. C'est sans doute là-dessus qu'il faut que je travaille maintenant.