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Les informations manquent à ce sujet, ou bien c'est moi qui souffre de cécité mentale !

On sait seulement que la formation de psychanalyste est longue et douloureuse, un véritable sacerdoce.

J'ai aussi soupçonné un brin d'antiféminisme : puisque les femmes sont plus nombreuses que les hommes en analyse, le risque est grand d'avoir un excès de psychanalystes-femmes, alors on n'encourage pas les femmes dans cette voie.
 
LES CRITÈRES

  • avoir effectué une psychanalyse personnelle dont on dira après coup qu'elle était didactique.
    Mais est-ce bien sûr qu'elle pourra être didactique après coup ? Il vaudrait mieux pour que sa psychanalyse soit validée comme didactique, l'avoir effectuée chez un membre formateur d'une société de psychanalyse. Alors est-ce que n'importe quelle psychanalyse est reconnue ?

  • suivre des séminaires de formation dans un institut de psychanalyse.
    facile à dire, mais toutes les écoles n'ont pas un institut et dans les villes de province, comment se faire admettre dans les sociétés psychanalytiques qui semblent très confidentielles ? Il semblerait également que l'on ait du mal à se faire admettre dans une société si son psy appartient à une autre société (rivalité freudiens-lacaniens quand tu nous tiens !)

  • avoir suivi des cours de psychologie, de psychiatrie ? un DESS de psychanalyse

  • réaliser de premières cures contrôlées par un psychanalyste reconnu
    les instituts fournissent peut-être les premiers patients, mais c'est le plus souvent au candidat de les trouver tout seul. D'où le dilemne : peut-on s'installer psychanalyste avant d'être reconnu par une société psychanalytique ? D'où les implications financières : comment payer des impots, la taxe professionnelle et la retraite, avant même de vivre de son métier ?

  • faire des stages dans les centres sociaux, prisons, etc... où des psychanalystes oeuvrent.

    Il est donc préférable si on fait une psychanalyse pour devenir psychanalyste, de choisir un psychanalyste formateur d'un institut ou d'une école de psychanalyse. Pour la SPP, c'est clair (site de la SPP), pour l'Ecole de la cause freudienne (obédience lacanienne), ce n'est pas précisé sur le site.

    Et puis, peut-on savoir d'emblée si l'on veut être psychanalyste ou pas ? Ne peut-on pas le décider après coup ? Alors tout serait à refaire ?
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    MON EXPÉRIENCE

    J'annonçai d'emblée à mon psy que je voulais devenir psychanalyste (comme lui, ne cessera-t-il d'ajouter quand je lui en reparlerai).

    Il me répondit en me donnant les noms des personnes à aller voir lorsque ma psychanalyse serait bien engagée. Par la suite, il a toujours fait preuve d'une indifférence que je qualifierai de hautaine, à l'égard de ce projet. Il déclarait toujours ne pas être concerné par ma promotion sociale éventuelle. D'où ma suspiscion d'antiféminisme des sociétés psychanalytiques.

  • Cécité psychique : il m'a fallu trois ans pour trouver dans l'annuaire le téléphone de la personne à consulter. Le prénom, trop jeune, ne pouvait correspondre qu'à la fille de cette personne, elle aussi psychanalyste, et donc à une rivale pour moi. Il m'a fallu ensuite plusieurs mois pour arriver à composer le numéro jusqu'au bout. Entre temps, j'avais épuisé les solutions alternatives : internet, associations locales, et il ne me restait plus que la solution de composer ce numéro.

  • Rendez-vous avec le bonne mère : La responsable locale de la société m'a bien accueillie au téléphone. Son absence d'accueil inconditionnel vis à vis de mon désir de devenir analyste m'a cependant déçue. La bonne mère n'était pas si bonne que cela ! Je suis repartie de chez elle avec tous les renseignements nécessaires que j'ai laissé dormir pendant deux ans.

  • Problème d'intégration : la société à laquelle se réfère mon psy est toute petite localement. Je préfèrerais les couloirs anonymes d'un grand institut de psychanalyse pour y faire mes premiers pas. Je dois assister à des séminaires de travail mais j'ai peur d'y rencontrer mon psy, et là lui ou moi devrait s'effacer, plus probablement moi ! Aucun titre de séminaire ne m'a inspirée. Pourquoi lirais-je le séminaire de Lacan alors que je suis débutante. La formation me semble fragmentaire. J'ai peur qu'on me rejette et comment pourrait-on m'accepter ?

  • S'autoriser de soi-même : il existe une grosse ambiguïté à propos de la formation de psychanalyste, cette parole de Lacan selon laquelle le psychanalyste ne s'autorise que de soi-même. Cela veut-il dire que je peux, si j'ai le courage, m'auto-proclamer psychanalyste et poser ma plaque ? Le ton grondeur de mon psy qui me reproche de vouloir être psychanalyste sans avoir fait les études nécessaires, par une sorte de passe-droit, me fait penser qu'il n'en est rien. Il faut à tout prix se faire accepter par une société pour ne pas souffrir d'une solitude insupportable.

  • Par où commencer ? : par faire une bonne psychanalyse didactique, c'est un premier pas, mais ai-je choisi le bon psychanalyste ? Pour entrer dans l'institut de mes rêves, il vaudrait mieux que mon psy ne soit pas lacanien, donc je n'ai pas la bonne filiation psychanalytique ! Pas le bon père. Pas de bonne mère. Mes premiers pas dans la vie d'analyste sont donc bien hésitants, et il y a de quoi.

    Deuxièmement par chercher un premier patient, pour une cure contrôlée. Cela implique de trouver également un contrôleur, c'est à dire un psychanalyste qualifié qui ne refusera pas de me recevoir pour que je lui parle de mon patient. Un refus équivaut à la sanction : Vous n'êtes pas encore assez avancé dans votre propre analyse ! Vous êtes encore trop jeune en psychanalyse ! Raison de plus pour persévérer et progresser dans sa propre psychanalyse.

    Faut-il déjà se déclarer psychanalyste ? J'aurais tendance à dire qu'il faut en finir avec le masochisme qui consisterait à payer des impôts avant même de gagner de l'argent. Mais la question est laissée à la conscience de chacun. Et aussi il faut assumer la peur qu'un patient mécontent ne nous dénonce au fisc !

  • Se former toute sa vie : alors commence la formation d'analyste, qui durera toute la vie, formation sur le tas, s'il en est !
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    COMMENTAIRES DU (FUTUR ?) PSY

    On voit comme la patiente projette ses peurs dans la problématique de son éventuelle formation d'analyste.

    Les trois premières années ont été consacrées à la rivalité. Rivalité avec le psy : elle veut être psychanalyste comme lui. Rivalité avec la supposée-fille de la responsable de l'association de psychanalyse. Rivalité dans laquelle elle part perdante (un rien la décourage, elle n'ose téléphoner).

    Ensuite on voit apparaître le problème de la rivalité sociale. La patiente craint de ne pouvoir être acceptée dans un groupe fermé. En fait, tous les groupes lui semblent fermés. Il faut la structure accueillante et officielle d'un institut (l'école ?) pour qu'elle ait l'espoir de se développer. Ce thème se retrouve avec la filiation psychanalytique : pas le bon psy, pas la bonne mère, son éducation ne l'a pas préparée à oser. Si elle ose, c'est par défi, comme lorsqu'elle envisage de s'autoriser d'elle-même.

    Mais la peur reprend ses droits. Peur du rejet par les autres psychanalystes, peur du fisc, peur du patient mécontent, peur de mal faire, peur d'être dangereuse, peur du refus d'un analyste-contrôleur.

    Conclusion : dans cette problématique, comme dans tout autre, le patient avance au rythme qui lui est propre. Il ne voit que quand il est prêt à voir, il n'agit que lorsqu'il est prêt à agir, il vainc ses peurs peu à peu et un jour se sentira capable d'être accepté dans une école de psychanalyse, lorsqu'il se sentira capable d'être accepté n'importe où.
     
    PSYCHANALYSE INTERMINABLE

    Parfois la décision de devenir psychanalyste permet d'éviter d'envisager la fin de l'analyse.
    Réponse à Carole : je veux devenir psy, mais le Web est trop grand et les bibliothèques trop petites !

    Devenir psy... Une équation impossible à résoudre... (1/08/04)

    Les études de psychologie sont réputées "sans débouchés". Les emplois de psychologue sont peu nombreux.
    Les études médicales forment des psychiatres qui apprennent à manier les médicaments psychotropes, ce qu'un psy ne fait jamais. Je dirais même que la psychologie est absente et même indésirable dans les études médicales. Pourtant les médecins généralistes sont en première ligne pour affronter les maux de l'âme. Et ils ne sont pas formés pour.
    De nombreuses formations fleurissent pour devenir psychothérapeute... mais ces thérapies sont visées par la législation qui voudrait les faire encadrer par des psychiatres... Curieusement la psychanalyse est laissée à part par ces tentatives législatives...
    Le diplôme de psychologue clinicien n'est délivré qu'après une formation diplômante qui comprend une maîtrise de psychologie.
    Il n'est pas besoin de diplôme pour s'installer comme psychanalyste. Mais les "autorisés d'eux-mêmes" souffrent de solitude et de l'opprobre de leurs collègues.

    A mon avis, le seul impératif pour devenir psy est d'avoir fait une psychanalyse individuelle longue et poussée. Ceci afin de ne pas projeter ses propres problèmes et conflits sur les patients.

    Personnellement je ne pense pas que les études de psychologie soient la voie royale pour devenir psychanalyste. Elles permettent cependant de s'intégrer dans la profession en entrant dans le moule.
    Il se trouve que la psychiatrie est une méthode reconnue, mais j'ajouterais : "à condition d'en sortir", c'est à dire de ne pas pratiquer la psychiatrie et d'avoir connu une réelle expérience en psychanalyse individuelle.

    A mon avis, pour devenir psychanalyste, il faut avoir été confronté à la vraie vie du monde du travail. Aux problèmes des relations humaines dans les bureaux, dans les hôpitaux, dans les usines, dans les administrations. Il faut avoir rencontré la souffrance, les échecs, le sentiment de dévalorisation, l'injustice...

    Donc pour devenir psy, mon conseil, c'est d'apprendre un autre métier.
    Educateur, aide-soignante, policier, médecin, sage-femme, bureaucrate, commercial... des métiers qui forcent au contact avec les autres...
    Une formation courte permettra de gagner rapidement l'argent nécessaire pour payer sa psychanalyse individuelle.
    Des études plus longues devraient s'accompagner de travail chez Mac-Do ou de jobs d'été.

    Si j'avais l'âge de faire des études et que je voulais devenir psy, je garderais bien en tête et bien secret ce désir.
    J'irais de l'avant pour affronter les autres.
    J'apprendrais à gagner ma vie.
    Je débuterais dès que possible ma psychanalyse.
    Je choisirais si possible un psychanalyste reconnu comme didacticien d'une société de psychanalyse (par exemple les didacticiens de la SPP sont sur internet).
    Je suivrais des séminaires de formation de psychanalyste.

    Les deux mots clé sont : détermination et affrontement (au monde).