Témoignage Al-Anon de Swam

 

C’est un ami tout à fait spécial, capable d’une grande compréhension, d’une patience sans limite, d’une écoute hors du commun et d’un dévouement intarissable, qui m’a offert de me retrouver et qui m’a donné la main jusqu’à la porte d’Al-Anon: Fraternité dont le but est d’aider l’entourage, familles et amis des alcooliques.
Dans ma famille, l’alcoolisme de mon père a perturbé mon enfance et continue d’affecter ma vie d’adulte.
A cause de cette maladie, mes parents ont été incapables de me donner ce dont j’avais besoin pour atteindre la maturité :
        Comment aurais-je pu me sentir acceptée lorsque seules mes déficiences et mes erreurs étaient soulignées ?
Comment aurais-je pu me sentir digne d’amour puisque les personnes les plus importantes de ma vie étaient incapables de m’exprimer leur amour ?
       Mon besoin d’attention était si fort qu’il ne me quittait pas: même un comportement négatif me permettait d’attirer l’attention et était préférable que de faire face à l’abandon et à assumer l’horreur de constater que les adultes dont je dépendais étaient en réalité, absents ou violents.
    Aussi suis-je devenue hyper attentive à mon entourage avec un soucis omniprésent de faire plaisir à tous ceux que j’aimais, m’oubliant souvent en chemin.

    Un de mes meilleurs apprentissages dans ma famille fut celui du silence: que de fois il m’a fallu « me taire »:
Chaque soir, lorsque mon père rentrait de son travail après quelques escales, me taire me donnait une chance de ne pas devenir responsable de la crise qui se pointait.
   A l’extérieur de ma famille,me taire contribuait au silence nécessaire au déni de l’alcoolisme familial. Chaque fois qu’un malaise me touchait, me taire me permettait de m’identifier à l’image que ma mère donnait
à tous. En usant du « tout va bien » en toutes circonstances, je passais inaperçue et ne risquais pas de démasquer une maladie honteuse…
         Ce n’était que lorsque je ne parvenais plus à contenir mon mal être, que je me l’exprimais loin de tous.
Ainsi, l’habitude était prise de cacher le moindre sentiment négatif ou positif.

      Aujourd’hui,j’ apprends que je ne peux guère contrôler l’apparition de mes sentiments mais j’ai le choix d’agir face à ces sentiments. Je remarque que le simple fait de les exprimer m’est bénéfique.
     Des tas d’outils ( accepter, lâcher prise, ne pas essayer de changer l’autre….) m'apprennent qu'aimer ne doit pas faire souffrir.
     La dépendance c’est: sans toi je ne reçois plus d’amour. Ton absence me fait souffrir.
     L’indépendance: je préfère recevoir l’amour dont j’ai besoin à travers toi mais si tu n’es pas disponible, je refuse de souffrir, je me tourne vers d’autres sources pour assurer mes besoins.

    Sur le plan émotif, j’étais comme un enfant.
    Il m’a fallu retrouver une estime de moi-même, estime que je n’avais jamais eue.
    Une bonne dose de compréhension fût nécessaire pour chasser la honte, la culpabilité, la colère qui m’empêchaient de m’aimer.

- L’alcoolique ne boit pas à cause d’une des imperfections, d’un de ses enfants.
- L’alcoolisme est une maladie.
- Le malade alcoolique souffre.
- Il ne fait pas souffrir les autres intentionnellement.

    Peu à peu, un jour à la fois, je me débarrasse de ces sentiments négatifs ce qui me ramène à ma vraie personnalité et m’aide à m’aimer. C’est en comprenant l’origine de mes problèmes que je progresse.
Al Anon m’apprend à ne pas rajouter de la souffrance à la souffrance. En la partageant, dans un esprit de confiance et d’anonymat, elle commence à disparaître. Ensuite, j’ai des outils pour guérir.

     Il m’est encore difficile de me débarrasser d’une croyance tellement enracinée dans mon histoire: la sensation d’être constamment différente et donc jamais à ma place. Dans mon groupe de réunion face à face, je suis en général la seule à aborder l’alcoolisme par rapport à mon père. La quasi-totalité des adultes de ce groupe ont tant à faire avec leur conjoint alcoolique que c’est leur priorité.
En fait, cela m’apprend à m’affirmer. Je dois assumer, partage après partage, la singularité de
mon parcours. Cela me demande du courage et c’est bon pour moi car je dois cesser de me cacher.

    La violence était si présente au quotidien dans ma famille que j’ai mis du temps à la voir. J’ai longtemps rejeté l’idée que les insultes appartenaient au registre de la violence.

    La peur qui va de pair avec la maladie de l’alcoolisme m’a créée bien des soucis lorsque je devais parler de mes soucis et faire confiance.
    La méfiance, la non confiance et le mutisme m’ont conduits à me replier sur moi et m’ont aidé à survivre enfant. Mais devenue adulte, ces habitudes sont inefficaces et les résultats déplorables.
    Ayant toujours fait les choses toute seule, il m’est difficile aujourd’hui encore, de demander de l’aide , d’utiliser le téléphone, ou de donner mon témoignage en réunion. Je freine mon rétablissement par ces mauvaises habitudes.

    Retrouver mon passé à travers les témoignages des amis, le regarder en face et ensuite chercher le courage de changer, apprendre à entretenir une relation avec une puissance supérieure, jour après jour ,cela représente tout un programme

   Al- Anon est une philosophie qui s’applique dans tous les domaines de notre vie.
   Aujourd’hui, au-delà des souffrances, je peux dire à mon père alcoolique « merci,  grâce à toi, je connais Al-Anon ,source de tant de mieux être donc de bonheur…

Témoignage d'une épouse de malade alcoolique

Dès que j’ai connu Al-Anon, j’ai tout de suite lâché prise et cessé d’être obsédée dès midi par les moyens d’empêcher mon compagnon d’aller boire le soir.
J’en ai fini avec les combats quotidiens perdus d’avance contre l’alcool. J’ai commencé à vivre par moi-même et j’ai petit à petit, un jour à la fois, appris à être heureuse quand même.
Maintenant j’arrive même à faire confiance et à ne pas m’inquiéter s’il sort le soir.
Dans la vie quotidienne, j’ai cessé de prendre des responsabilités qui ne sont pas les miennes et de me faire excessivement de soucis pour des problèmes auxquels je ne peux rien.
J’ai aussitôt remplacé cette obsession par celle des réunions ; j’essayais à tout prix d’éviter les conflits dans le groupe, de faire en sorte que les nouveaux reviennent.
Ce n’est que lorsque j’ai enfin lâché prise sur tout cela que j’ai pu profiter pleinement du programme de rétablissement.
Entre temps, j’avais bénéficié de la lecture de la documentation qui m’apportait un nouvel éclairage utile dans tous les domaines de ma vie.
J’avais rencontré de nombreux amis et un jour à la fois, osé partager mon vécu, découvrant que je n’étais pas seule et tirant parti de l’expérience des autres.
Il m’a fallu beaucoup de temps pour accepter le programme en douze étapes et apprendre à en tirer parti.
Entre temps j’avais connu des amis Alcooliques Anonymes et leurs belles histoires, j’avais « pris du service » dans les réunions de région, osant ainsi à me confronter à d’autre personnalités, et découvrant de plus en plus la chaleur humaine de la fraternité.
Pendant ces trois années dans Al-Anon, mon conjoint a cheminé lui-aussi, admis son problème sans qu’on le force à l’avouer, et décidé de participer prochainement à une réunion Alcooliques Anonymes.

 

Question posée par Mail au Webmaster(Margarita)

Si, au cours d'une psychanalyse, le patient prévoit son absence 2 semaines à l'avance (ou plus...) le paiement des séances manquées est-il dû ?
Merci de votre réponse.

REPONSE :

Bonjour, Il n'y a pas de réponse absolue à cette question. Je peux vous dire mon expérience personnelle.
Oui, mon psy m'a toujours demandé de payer les séances manquées même quand je l'ai prévenu très longtemps à l'avance. Une autre solution était possible, celle de remplacer les séances manquées (à d'autres horaires) mais son emploi du temps ne le lui a généralement pas permis (parfois, il les a remplacées).
J'ai payé à cause surtout de l'argument suivant : le psy a besoin de sécurité financière, il ne doit pas dépendre pour ses revenus du "bon vouloir de ses patients". Aussi, il "exige" qu'ils prennent leurs vacances en même temps que lui. En plus je me sentais en dette car au début de mon analyse je me suis absentée trois mois pour raisons professionnelles, et là il ne m'a pas fait payer.
Dans certains cas, lorsque les absences sont prévisibles et professionnelles, il peut être décidé au début de l'analyse d'adapter les horaires aux possibilités du patient (je connais un exemple).
En ce qui me concerne, j'ai toujours vécu ces exigences comme un abus de pouvoir, surtout lorsque mes absences étaient dues à des raisons professionnelles. Cependant, je dois reconnaître que dans certains cas, j'avais besoin d'alléger la pression de mon analyse (ça me reposait de ne pas y aller), ou bien de montrer mon indépendance par rapport à mon psy (je prenais des vacances pas en même temps que lui). En ce sens, prévoir une absence pendant sa psychanalyse est considérée comme une résistance par le psy. Dans d'autres cas, c'était vraiment injuste de me faire payer, et cette situation injuste m'a permis d'évoquer dans le transfert d'autres situations injustes de ma vie.
Souvent j'ai protesté, et souvent j'ai été au bord de la rupture à cause de cet abus de pouvoir. Il faut en parler en séance, le psy peut admettre certains arguments, il faut dire pourquoi on se sent malmené, roulé, etc... Cependant, je ne regrette pas d'avoir continué malgré tout, après tout ce n'est que de l'argent, et c'est une somme qui finalement est relativement négligeable par rapport à la durée de l'analyse.
J'espère que mon long discours vous aura convaincu de ne pas attacher trop d'importance à ce problème "technique".

 

Témoignage de Margarita

Parler à son psy : 14/03/2004 à 07: 38

Il y a mille raisons pour ne pas pouvoir parler à son psy. En ce qui me concerne, c'était surtout la honte devant la futilité de mes problèmes au travail. Aussi je lui faisais un résumé pour éviter les détails ennuyeux. Pourtant, c'est le genre de problème dont il faut parler à son psy plutôt qu'à ses amis qui se lassent très vite. Combien de fois mon psy a-t-il entendu que j'avais encore des problèmes avec telle et telle personne, que j'avais une nouvelle rivale (non pas celle dont je vous ai parlé le mois dernier, l'autre, dont je vous ai parlé le mois d'avant), que j'étais une fois de plus entrée en conflit ouvert avec mon chef, etc... Les psys sont là pour ça même si parfois ils manifestent leur impatience (le mien se met à s'agiter sur son siège et me ramène dans le droit chemin : "qu'est-ce que ça vous évoque ?"). Autre type de sujet difficile, les questions sexuelles : c'est comme si les mots n'arrivaient pas à sortir de ma bouche. Parfois cela devient inévitable d'en parler, alors courageusement, je me jette à l'eau, je plonge. Votre cas n'est pas unique, nous avons tous plus ou moins le même genre de problèmes, ce que vous n'osez dire, il l'a déjà entendu plusieurs fois, il avait peut-être le même genre de problème. A cause de ma rivalité avec les femmes, je ne pouvais envisager d'avoir un psy femme au début. Mais comme cela s'est amélioré, j'ai vu une sophrologue/psychologue femme et cela m'a été beaucoup plus facile de lui parler de certains sujets. Ensuite, j'ai pu mieux me laisser aller, me lâcher, avec mon psy, et dire plus facilement ce qui me venait à l'esprit. Rappelez-vous, les psys ne jugent pas, ils sont ouverts et compatissants et connaissent la nature des problèmes humains. Essayez de vous lâcher, de ne pas censurer. Trouver un psy ou une psy qui vous convienne. Enfin, une rupture avec un psy n'est pas définitive, et vous pouvez reprendre contact, certains ne cessent d'interrompre et de reprendre leur analyse. Alors courage, laissez de côté la honte, ne dites pas que vous ne pouvez pas revenir en arrière (sur la rupture) et dorénavant lâchez-vous ! (en plus vous payez pour cela)

 

Témoignage de Marité

Lettre à mon père alcoolique : 27/09/2004 à 16: 25

Je parle d'une période de mon enfance de 0 à 9 ans, j'étais une petite fille... j'avais un père alcoolique chronique, Je l'aimais beaucoup malgré tout et lorsqu'il était sobre (hélas trop trop rarement) c'était le meilleur des pères sauf que sa souffrance l'a rattrapée si cruellement... Mon cher papa... pardonne-moi d'avoir éprouvé de la honte à ton sujet, de t'avoir renié comme père surtout ces fois ou tu étais soûl et que tu racontais n'importe quoi à n'importe qui pour susciter de la pitié afin d'avoir quelques sous pour boire. Pardonne-moi d'avoir éprouvé de la colère et de la haine envers toi quand tu me faisais ton chantage affectif si je n'allais pas chercher "tes bouteilles" chez l'épicier du coin qui me regardait avec désolation. Pardonne-moi d'avoir fait semblant de ne pas t'avoir vu quand tu venais me chercher à l'école, saoul bien sûr et que tu voulais me raccompagner... Pardonne-moi d'avoir souhaité ta mort parce que j'en avais assez qu'à l'école on me jugeait à tes actes et que certains élèves me ridiculisaient et que des professeurs ne pouvant supporter de voir ma souffrance, m'ignoraient ou me punissaient à la moindre erreur de ma part Comme si moi, je devais être doublement parfaite pour racheter tes fautes ... Et lorsque la maladie t'a tué et que j'ai éprouvé le plus grand des soulagements, j'ai encore éprouvé de la honte de voir toute ma classe, mes professeurs et le directeur de l'école venir au service, je voulais me cacher tant j'avais honte! j'avais l'impression de tous les entendre penser: "pauvre elle", ou encore "enfin, elle n'aura plus honte" et encore... "tu parles d'un père dégueulasse" "diantre! mourir d'une cirrhose du foie"! Aujourd'hui, plus de vingt années plus tard, je m'autorise à parler enfin de cette honte accompagnée de souffrance fait de colère, de peine et de désespoir, et surtout de cette culpabilité qui me ronge encore aujourd'hui j'abandonne ma quête à comprendre pourquoi tu n'as pu réussir à guérir. j'accepte le fait d'avoir été impuissante à t'aider(j’avais 9 ans!) j'accepte (encore difficilement mais c'est un début) que tu aies choisi ce moyen pour soulager tes souffrances... Papa, je n'ai pas eu la chance d'apprécier tes qualités, je n'ai vu que tes défauts, tu ne m'as pas laissé l'occasion de te connaître sobrement. Longtemps j'ai pensé que c'était de ma faute si tu buvais et encore aujourd'hui, les vieux fantômes me hantent... mais je me soigne. Je regrette ce passé que je ne peux hélas changer et je te laisse d'avec les morts, j'en ai assez de cette vieille souffrance, va t'en papa! va t'en! Quant à toi "Tarzan".non, je ne suis pas responsable de ta souffrance, je ne peux pas t'aider JE NE PEUX PAS ! comprends-tu ce que je te dis... ça n'empêche pas mon amour pour toi et des souhaits les plus purs... merci à ce site et à la modératrice de ce forum.

 

Témoignage de Claire

Les autres : 03/10/2004 à 18: 56

La précédente : Son parfum flotte encore dans l'air un quart d'heure après son départ, et je lui en veux un peu (beaucoup) de m'imposer ainsi sa présence... L'urgence : Ca fait 5 minutes que j'essaie de me décider à dire le truc super difficile que je voudrais dire depuis 3 mois. Je prends une grande inspiration et... le téléphone sonne (genre strident). Je fais un bond de 30 cm dans le fauteuil (ça va, y a pas de casse, je suis retombée dedans). - La psy : Oui... - ... (Bon, ben là j'entends rien, alors j'en profite pour étudier d'un regard circulaire le contenu de la bibliothèque et je finis absorbée dans la contemplation de la fissure du plafond). - La psy : Qu'est-ce qui vous arrive ? - ... (J'entends toujours rien, mais comme je commence à m'ennuyer ferme, j'imagine ce qui peut-être dit de l'autre côté. Vu la tête de la psy, ça a l'air grave.) - La psy (qui a ouvert son cahier de RDV) : Aujourd'hui 14h30 ? - ... (Là j'imagine que c'est "oui".) - La psy : Ca va aller... Ouf ! puisqu'elle le dit, me voilà rassurée. Bon, finalement, je vais peut-être attendre la prochaine fois pour dire ce truc super important. Le coup de fil perso : Bon, en définitive, faut quand même que j'arrive à le dire ce truc... Nouvelle tentative, nouvelle inspiration... Et de nouveau, le téléphone (dont la stridence renouvelée ne m'arrache qu'un modeste bond de 5 cm). - La psy : Oui... - ... (Là j'imagine rien du tout, je suis un tantinet agacée). - La psy : Non, j'ai des tas de trucs à faire... Bon, ben moi j'aimerais bien avoir l'insigne honneur de faire un jour partie des "trucs à faire". Les 10 minutes suivantes de la séance se déroulent sans interruption (mais je juge plus prudent de remettre à la semaine prochaine le truc pas facile à dire, je suis un peu déconcentrée). Le suivant : Il arrive systématiquement à 9h20 (sonnerie de l'interphone, sonnerie de la porte du cabinet, je ne bronche pas) et ne sera comme toujours reçu qu'à 9h35. Qui a dit : "La folie, c'est de se comporter de la même manière et de s'attendre à un résultat différent" ?

 

Témoignage de EXOUTIS

LES EMOTIONS SONT-ELLES SOLUBLES ? : 01/11/2004 à 15: 56

Sarah, Lion... Est-ce que les émotions refoulées sont solubles dans l'eau des larmes lorsqu'elles (les émotions) remontent à la surface ? Peut-être. A vrai dire, il m'est arrivé de pleurer, mais plutôt chez moi devant une pub Ricorée ou Canard WC (j'adore celle avec le cow-boy !). Pour être franc, il m'arrive aussi de contenir une grosse émotion quand je parle avec mes amis du bonheur que représente ma fille, ou éventuellement quand j'évoque certains aspects de mon enfance. Je sais que ça fait du bien ! Quand ça m'arrive, je suis tellement étonné que je vais vite voir devant la glace ce que ça fait d'avoir des larmes qui coulent sur les joues... En revanche, avec ma psy, rien. Pas possible pour l'instant. En 6 mois, j'ai pourtant appris et compris (intellectuellement) plein de choses. Au point que mes rêves (je parle des "récurrents") ont intégré mon évolution récente, me donnant ainsi la preuve que j'ai fait "bouger des choses". Je pense, comme vous, que la solution serait de mettre ma virilité dans ma poche et de laisser mon émotion se déverser en petites rivières brillantes lorsqu'elle arrive... Mais ça risque de la foutre mal en réunion à mon boulot... La vie est mal foutue ! Pourquoi les émotions ne se libèreraient pas plutôt quand on éclate de rire et qu'on rit aux larmes ?

 

Témoignage de ELLE

Investissement édifiant : 29/10/2004 à 18: 10

Je me suis amusée (mais quand je vois les sommes, je grincerais plutôt des dents !) à faire quelques petits calculs "savants". Prenons une séance à 40€, à raison de 2 séances /semaine (sur 47 semaines, 5 de congés !) pour 1an, nous dépensons 3760€ (24664frs) ; pour 4ans : 15040€(98656frs) ; pour 6ans:22560€(147984frs:le prix d'1 voiture...); pour 12ans : 45120€(295968frs, j'hallucine !) Mais, attends dis donc, attends la suite (lol), mes calculs pour TROIS séances/semaine, tu t'éclates encore plus... 1AN=5640€(36996frs) ; pour 4 ans : 22560€(147984frs...) ; pour 6 ans 33840€(221976frs sympa déjà la voiture! ) et dans la catégorie « on a gagné le gros lot... » pour DOUZE ANS.......67680€ SOIT 443951FRS OUPS LES AMIS! CONCLUSION: je pense que l'on a plutôt intérêt à être "satisfait" du Psy à qui on donne nos petits sousous.

 

Témoignage de TwinP

Photos : 24/02/2004 à 14: 39

Bonjour à tous et toutes... Je ne me souviens de moi que par les centaines de photos prises de moi par mon père quand j'étais petite. En dehors de ça très peu de souvenirs. A chaque fois que ma psy me demande de me souvenir de moi, à chaque fois c'est une photo qui m'apparaît, et quand je ne trouve pas de photos, impossible de se souvenir. Première question : Ai-je délibérément occulté tout le reste? Que s'est-il passé? Et de surcroît, je ne me souviens que de mon père... Egalement, j'ai des envies vicérales de scène, ma psy a fait la relation entre diverses choses dont l'objectif de l'appareil photos pour me faire comprendre cet engouement. Mais aujourd'hui monter sur scène représente un rêve inaccessible, trop idéalisé, ce n'est plus simplement monter sur scène mais devenir une star! Mais bien sûr je ne fais rien pour, je n'ose même pas m'inscrire dans une troupe de théâtre de quartier, j'ai l'impression que cela va me tomber tout cru dans le bec. Alors deuxième question, comment se fait-il que toute petite j'aie toujours été mise sur un piédestal, photographiée, déguisée et qu'aujourd'hui je suis comme tétanisée à l'idée de franchir le pas? Est-ce parce que étant petite j'étais star aux yeux de mon père et ce sans rien faire ??  Merci pour ces questions, je n'ose pas tout demander à ma psy… enfin d'ailleurs je n'ose jamais lui poser de questions...J'ai essayé une fois elle me renvoie à mes propres réflexions. Troisième question s'impose alors : Puis-je lui poser des questions ? Merci par avance pour les réponses que vous m'apporterez.

 

Témoignage de Damned

CHANGER DE PSY

Je ne dors pas, mais j'ai changé de psy, et tout à changé pour moi. A la place des interrogations douloureuses et incessantes, il y a maintenant le calme. Quand je quitte ma psy, je l'oublie pour une semaine. Je ne pense pas à ce que je vais lui dire ou à ce que je devrais lui dire, je laisse venir. Est-ce qu'il y a transfert quand même ? Je ne sais pas bien. Rien à voir avec ce lien fort que je ressentais avec l'autre. Juste un travail rondement mené. C'est vrai que je ne suis pas pareille avec les hommes et les femmes, mais je ne sais pas si ça a un rapport... Alors que je m'enfonçais dans la mort avec l'ancien, la nouvelle, elle, me donne envie de légèreté, de bulles, de vie... et même de bêtises... Lui je l'aimais, elle je l'apprécie (et elle est chère)... Bizarre...

 

Témoignage de Sarah

Le Transfert

«Vous allez peut-être penser que tous ces analysants sont fous mais je peux vous assurer que nous subissons bien plus que nous ne choisissons ces situations de transfert.
Je veux vous donner pour exemple le transfert amoureux que je subis de plein fouet à l'heure même où les vacances, tout en m'éloignant de mon analyste, me laissent dans un sentiment d'abandon intense. Je résume : en fin de séance (dernière séance avant les vacances que j'ai déjà mentionnées) j'exprime à mon analyste tout mon attachement pour lui et tout le manque que je risque de ressentir lorsque je vais devoir me séparer de lui. A ce moment, je deviens très émotionnelle, je me sens rougir, j'ai une boule dans l'estomac, etc. En bref, je suis bouleversée. C'est la première fois que je lui avoue, en le ressentant aussi intensément, tout mon attachement pour lui. Il faut dire aussi que je suis persuadée (j'ai envie de dire : évidemment!) qu'il me trouve attirante n'étant, moi non plus, ni laide ni sotte.
Donc la séance se termine et je vais, encore sous le choc, à sa rencontre pour lui dire au revoir près de la porte. A ce moment là, quelle n'est pas ma surprise de constater, en lui serrant la main, que lui tout comme moi a les mains moites. Lui aussi, serait-il donc ému ? Je le regarde les yeux embrumés d'émotion. Son regard croise le mien et nous nous disons au revoir en nous souriant (ce qui est rarissime chez lui puisqu'il est extrêmement froid et distant). Il faut vous dire que depuis cet instant mes spéculations vont bon train. Je suis sûre qu'il m'aime et qu'il me désire ! Cependant, je suis obligée de rationaliser.
Premièrement, ce qui lui arrive ne me concerne pas et je lui fais confiance. Deuxièmement, la probabilité que ce que j'imagine sur lui soit vrai est assurément très faible. J'ai honte de le dire mais je crois que je le regrette et ne peux pas m'en empêcher ! Et finalement, je sais que je serai déçue au retour des vacances en constatant qu'il sera toujours aussi froid et distant... Et cela jusqu'au prochain indice qui me fera spéculer sur ses sentiments à mon égard pendant des semaines entières. Puis-je encore vous dire que ce n'est pas la première fois que je ressens cela puisque mon analyste, durant les deux années où nous avons travaillé ensemble, a "commis" de nombreux actes manqués me marquant son attachement : oublis de l'heure et prolongements des séances, oubli de me facturer une séance, lapsus me valorisant, etc. mais il n'y a jamais eu aucune conséquence à cela.
Alors, voilà l'histoire de mes fantasmes que je parviens sans difficulté à coller à la réalité. J'en suis à la fois triste et heureuse. Je souhaite que ce qui arrive à votre fille soit aussi grave que ce qui m'arrive à moi. J'espère aussi qu'elle parviendra à dire à son psychiatre ce qui vous inquiète toutes les deux.»

 

Témoignage d'Hélénah

Le paiement des séances manquées

J'ai deux points de vue, celui de la psychologue que je suis et celui de l'analysante. Je commence par la patiente: j'y suis soumise à cette règle et à bien des occasions cela m'a énervée de payer pour une absence de ma part, mais à chaque fois cela a été analysé et il en résultait des actes manqués inconscients... en quelque sorte je voulais faire payer mon psy! Cependant la psy que je suis sait que lorsque l'on est en analyse, on est au travail pendant et hors des séances, que c'est un engagement avec son psy et qu'il n'a pas à porter les raisons de notre absence(et donc à ne pas en payer les conséquences financières), ni à perdre son temps(et son argent) à attendre son patient. Il convient plutôt de se responsabiliser et d'assumer nos absences(pour les incidents météo, crevaisons...)car le psy s'engage en contrepartie à nous recevoir et ne prendre personne à notre place en notre absence. Pour les raisons psy de notre absence(envie qu'il nous aime et ne nous le fasse pas payer comme un parent, un amoureux ou je ne sais quel transfert positif/négatif), il convient de l'analyser pour comprendre les résistances et le sens de nos absences car le psy n'a pas à porter notre histoire et payer pour nous car sinon ça serait un obstacle à la guérison qui passe nécessairement par ressentir les douleurs de notre histoire, les manques etc...! je précise que même pour moi qui "comprend" la chose du fait de mon métier, je n'en ressens pas moins de la colère contre le psy puis contre moi-même lorsqu'il me dit "vous me devrez cette séance" ....grrrrrrrr

 
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